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Fermeture des stations de ski : la cacophonie européenne

L'Italie et l'Allemagne veulent obtenir une fermeture des stations de ski au niveau européen. L'Autriche s'y oppose.
L'Italie et l'Allemagne veulent obtenir une fermeture des stations de ski au niveau européen. L'Autriche s'y oppose. © DR

Angela Merkel a plaidé jeudi pour une fermeture de l'ensemble des pistes européennes, reprenant une proposition de l'Italie. Mais l'Autriche refuse et compte ouvrir ses stations de sports d'hiver avant les vacances de fin d'année. 

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En France, le Premier ministre, Jean Castex, a confirmé jeudi qu’il n’y aurait pas de ski dans les stations françaises pour les vacances de fin d'année. Certes les hôtels resteront ouverts et il sera possible de s’y rendre goûter à l’air de la montagne, mais les remontées mécaniques, les restaurants, les bars resteront fermés. Jean Castex rencontrera à nouveau les professionnels du secteur lundi prochain.

L’Italie compte également fermer en très grande partie ses pistes. Tout comme l’Allemagne. En revanche, la Suisse a déjà ouvert certaines stations avec des mesures de protection sanitaire fortement renforcées. L’Autriche elle aussi vise une réouverture avant les vacances. Quant à l’Espagne, elle laisse chaque région décider indépendamment.

Un manque de concertation qui suscite la colère des professionnels visés par les fermetures, et qui redoutent que les touristes habituels aillent goûter la poudreuse des pays ouverts.

Face à cela, l’Italie a proposé mercredi une fermeture collective de toutes les stations européennes jusqu’au 10 janvier. Une initiative soutenue par la France et surtout aussi par l’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne. La chancelière Angela Merkel s’est saisi du problème, mais la tache s’avère très compliquée. La Commissaire européenne en charge de la Santé a déjà répondu qu’il n’était pas de la compétence de l’Union de décider d’une telle fermeture, car la situation dans chaque pays est différente, tout en conseillant de rester prudent.

L’Autriche quant à elle exige d’être indemnisée par Bruxelles. Le ministre de l’Économie a fait le calcul : la facture s’élèverait à plus de 2 milliards  d’euros.

Car l’Autriche est la première nation de ski en Europe, tant au niveau du nombre de forfaits vendus chaque année que du chiffre d’affaires. Le tourisme hivernal a représenté environ 15 milliards d’euros en 2018-2019, soit un peu plus de 3 % du PIB du pays.

En France, les retombées économiques du ski représentent un peu plus de 10 milliards d’euros par an pour les 350 stations. Et puis, il y  a l'enjeu de l'emploi saisonnier : 100 000 côté autrichien, 120 000 côté français.

Les professionnels redoutent une nouvelle catastrophe. Lors de la saison dernière, les pertes ont été importantes alors que la pandémie n’a véritablement commencé qu’à la fin de la saison d'hiver. Les pertes sont estimées en France entre 1,4 et 1,8 milliard d'euros et jusqu'à 2 milliards d'euros en Autriche. La situation y est d’autant plus difficile puisqu'elle a énormément investi ces dernières années pour moderniser ses stations, en construisant des remontées mécaniques avec des sièges chauffants, des parkings souterrains et en équipant une très grande majorité de ses stations de canons à neige.

Mais de toute évidence, il faut prendre le problème sanitaire au sérieux. Tout le monde en est conscient. Les stations ont constitué de gros cluster au début de l’épidémie. Notamment en France, aux Contamines-Montjoie, ou en Autriche, à Ischgl, qui a parfois été montré du doigt comme étant l’un des principaux foyers de contamination en Europe à l’origine de la propagation du virus.

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