L'Entretien

Algérie : "le système Bouteflika est toujours là", déplore l'opposante Zoubida Assoul

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Zoubida Assoul, ancienne magistrate, avocate, présidente du parti de l'Union pour le changement et le progrès, s'est entretenue avec France 24 depuis Alger. Alors que le mouvement de contestation populaire du Hirak vient de reprendre après un an d'interruption, notre invitée estime que la fin de la présidence d'Abdelaziz Bouteflika n'est que la première étape d'un long combat : si "quelques hommes politiques" ont été remplacés, le "système érigé par l'ancien président demeure", pérennisant gabegie et politique de la rente.

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Zoubida Assoul estime que le Hirak a repris, après un an d'arrêt pour cause de pandémie, en raison de l'incapacité du régime à se réformer. Selon elle, l'arrivée à la présidence d'Abdelmadjid Tebboune n'a en rien changé les pratiques de l'ère Bouteflika, que ce soit la répression ou la corruption. Notre invitée rejette sa proposition de tenir des élections législatives anticipées, estimant que celles-ci visent avant tout à préserver le système en place. Elle propose de tenir une élection présidentielle en 2022 et d'ici là, la tenue d'un dialogue national afin de réformer le système.

L'opposante se félicite de la grâce présidentielle accordée récemment à plusieurs détenus dits d'opinion, mais regrette l'instrumentalisation qui est faite de la justice par le pouvoir politique. L'avocate affirme par ailleurs que si le Hirak est un mouvement pluriel qui inclut également une sensibilité islamiste, la jeunesse algérienne dans sa grande majorité a tourné le dos à cette idéologie.

>> À voir aussi, notre Débat : Deux ans du Hirak : où en est l'Algérie ?

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