SOMMET FRANCE AFRIQUE

Le Soudan appelé à accepter une force de paix

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Lors du sommet réunissant les chefs d'Etats et de gouvernements africains à Cannes, le président français Jacques Chirac a appelé le Soudan à accepter un force de paix au Darfour.

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CANNES, 15 fév 2007 (AFP) - Le président français Jacques Chirac a appelé jeudi le Soudan à accepter une force de paix au Darfour, ravagé par la guerre civile, et placé son espoir dans une "Afrique nouvelle en marche" lors d'un discours en forme de "testament africain" au sommet de Cannes.

M. Chirac, 74 ans, qui s'apprête à quitter la présidence après douze ans de mandat, a défendu lors de ce 24e sommet Afrique-France le bilan de son action devant une trentaine de dirigeants africains, réunis jusqu'à vendredi dans le palais où se déroule le célèbre festival de cinéma.

Face au plus dramatique conflit qui frappe le continent, celui du Darfour, M. Chirac s'est adressé au Soudan, dont le président, Omar el-Béchir, assiste au sommet, pour lui demander d'accepter le déploiement d'une force de paix.

M. Chirac a appelé les belligérants et le gouvernement de Khartoum "à cesser les attaques (...), à comprendre l'impasse et l'horreur d'une politique du pire et faire le choix de la réconciliation".

Les autorités soudanaises ont accepté fin décembre que l'ONU apporte une aide technique et matérielle à la Mission de paix de l'Union africaine (UA) au Darfour (Ouest du Soudan). Mais elles refusent le déploiement de Casques bleus, malgré les pressions de la communauté internationale.

La guerre civile au Darfour a fait environ 200.000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes.

Une réunion sur ce conflit s'est tenue jeudi, en marge du sommet, avec Omar el-Béchir, Idriss Deby (Tchad), François Bozizé (Centrafrique), Hosni Moubarak (Egypte), et le nouveau président de l'UA John Kufuor (Ghana), ainsi qu'avec le président gabonais Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d'Etat d'Afrique.

Cette réunion vise à relancer un difficile dialogue entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique qui accusent Khartoum d'aider des rébellions hostiles à leurs régimes.

Auparavant, se posant une nouvelle fois en avocat de l'Afrique, Chirac avait demandé à la communauté internationale, notamment à l'UE, dont la présidente en exercice, la chancelière Angela Merkel, était à Cannes, d'aider l'Afrique, un continent où plus de 300 millions de personnes vivent dans la pauvreté mais dont les matières premières suscitent la convoitise des pays étrangers, Chine en tête.

M. Chirac a fustigé une nouvelle fois les subventions "inacceptables et inhumaines" des pays riches à leurs producteurs de coton qui asphyxient les paysans africains.

Mais il a aussi appelé les pays africains à "renforcer l'Etat de droit" et a lancé un plaidoyer pour "la bonne gouvernance" financière et démocratique.

Sur un registre plus personnel, il a confié son attachement au continent africain: "J'aime l'Afrique, ses territoires, ses peuples, ses cultures", a-t-il lancé. "J'ai confiance dans son avenir car j'ai la conviction que l'Afrique nouvelle est en marche".

En écho à M. Chirac, John Kufuor et Hosni Moubarak ont souligné que l'Afrique avait changé.

"L'Afrique ne peut plus être décrite comme un continent à la dérive", a dit M. Kufuor, citant les progrès de la démocratie et une croissance du continent de l'ordre de 5%.

"Nous voulons que l'idée que l'Afrique est riche et les Africains pauvres appartienne au passé", a lancé M. Moubarak.

Des associations et des partis de gauche, dont le Parti socialiste, ont fustigé les relations de M. Chirac avec des régimes "dictatoriaux".

Amadou Toumani Touré (Mali) a lui chaleureusement évoqué son "ami Jacques", et son attachement à l'Afrique, à l'unisson des alliés de longue date de Paris, comme Omar Bongo Ondimba, Paul Biya (Cameroun) ou Denis Sassou Nguesso (Congo).
 

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