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SOUDAN - CHINE

Pékin exhibe ses Casques bleus affectés au Darfour

3 min

La Chine a ouvert exceptionnellement à la presse étrangère une de ses installations militaires pour une rencontre avec les Casques bleus chinois qui partiront au Darfour.

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La Chine a ouvert exceptionnellement à la presse étrangère une de ses installations militaires pour une rencontre avec les Casques bleus chinois qui partiront au Darfour en octobre, avec l'ambition de contrer les accusations de complaisance envers le Soudan portées à son encontre.

"Ceux qui disent que la Chine aggrave la situation au Darfour ont une vue partiale et nous prouverons qu'ils ont tort", déclare le lieutenant Liu Jinzhao, qui porte à l'épaule l'insigne bleu des forces de maintien de la paix de l'ONU, lors de la rencontre sur le terrain d'entraînement de Qinyang, dans le Henan (centre).

Au total, 315 soldats chinois, appartenant à une unité de génie militaire, partiront le mois prochain en prélude au déploiement de la force "hybride" de l'ONU et de l'Union africaine (UA), qui devra tenter de mettre fin à quatre ans de guerre civile dans cette province de l'ouest du Soudan.

L'unité, qui sera notamment chargée de construire des ponts et de creuser des puits, a montré devant les journalistes ses compétences, traçant un chemin de terre en quelques minutes grâce à des bulldozers, alors que d'autres faisaient étalage de leur talent à terrasser d'éventuels ennemis grâce aux arts martiaux.

Sous un soleil radieux, plus d'une trentaine de soldats, aidés de leurs seules mains, ont aussi placé en quelques secondes un pont en acier au-dessus d'un fossé. D'autres, enfin, se sont montrés particulièrement efficaces dans la technique d'installation d'un toit sur une baraque en aluminium avec l'emblème ONU sur le côté.

Si la présentation soigneusement chorégraphiée a pris des airs de spectacle, le message était clair: la Chine ne souhaite pas endosser le rôle du méchant, alors que plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme l'accusent de ne pas faire assez pression sur le régime soudanais afin de préserver ses intérêts pétroliers.

"Nous ferons face évidemment à des difficultés et à des défis", dit le colonel Dai Shao'an.

"Mais nous sommes bons dans la difficulté, au combat et pour apporter notre contribution", ajoute-t-il, dans un bel élan de propagande.

La semaine dernière, en visite à l'ONU à New York, Liu Guijin, l'envoyé spécial de Pékin au Soudan, a mis en avant le "rôle très constructif et même unique" joué par son pays pour tenter de résoudre le conflit au Darfour, en particulier pour persuader Khartoum d'accepter le déploiement d'une force conjointe entre l'ONU et l'Union africaine de 26.000 hommes.

Mais, pour Jill Savitt, directrice de l'organisation américaine "Dream for Darfur", "la Chine n'en fait pas assez".

"N'oublions pas que la Chine a fait obstruction pendant quatre longues années", dit-elle à l'AFP.

Pour elle, Pékin devrait envoyer de vraies troupes de combat, non simplement une unité du génie militaire, cesser toute vente d'armes au Soudan et menacer le président soudanais Omar el-Béchir de représailles s'il ne tient pas ses promesses.

Mais le lieutenant Li Xinying balaie ces critiques, employant un anglais hésitant dont l'apprentissage fait partie de la préparation à la mission.

"Aucun pays occidental ne devrait accuser la Chine. Nous ne sommes pas responsables des actions du gouvernement soudanais", dit-il.

La Chine a envoyé depuis 1990 plus de 8.000 hommes pour participer aux missions de maintien de la paix de l'ONU, dont 1.400 actuellement sur le terrain.

 

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