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Arrestations massives dans les rangs des moines

Les forces de sécurité birmanes ont arrêté des centaines de moines dans quatre monastères. Par ailleurs, deux responsables du parti de l'opposante Suu Kyi auraient été arrêtés. (Récit : A. Etcheverny)

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RANGOUN, 26 septembre (Reuters) - Les forces de sécurité
birmanes ont lancé aux premières heures de jeudi des opérations
à l'intérieur d'au moins quatre monastères du Myanmar et arrêté
par centaines des bonzes impliqués dans les manifestations
contre la dictature militaire, ont rapporté des témoins.


Après une deuxième nuit de couvre-feu, les rues de Rangoun
étaient inhabituellement calmes jeudi matin, ont constaté des
témoins.


Au moins 200 moines bouddhistes, accusés de coordonner les
manifestations, ont été arrêtés lors de coups de filet menés
avant l'aube par des militaires dans deux monastères de la
Rangoun, la plus grande ville du pays.


Dans le nord-est du Myanmar, où de grandes manifestations
anti-gouvernementales ont eu lieu ces derniers jours, l'armée a
lancé des raids contre au moins deux monastères.


Autour de 500 moines ont été arrêtés au monastère de Mogaung
et 150 autres au monastère de Ngwe Kyaryan, selon des témoins.


"Seuls deux ou trois moines malades ont été laissés sur
place", a déclaré une personne vivant près du monastère de Ngwe
Kyaryan.


La dictature militaire a reconnu par ailleurs jeudi qu'un
manifestant avait été tué et que trois autres avaient été
blessés dans la répression des manifestations par l'armée
mercredi à Rangoun. Les dirigeants des manifestations parlent
d'au moins cinq moines tués.


Les médias officiels ont rapporté que deux policiers avaient
également été blessés dans les charges de mercredi contre les
manifestants qui défiaient les tirs de sommation, les gaz
lacrymogènes et les matraques.


Des stations de radio étrangères émettant en langue birmane
ont appelé les moines à ne pas céder face à la junte. "Nous
appelons les moines à poursuivre la lutte pacifiquement", a
déclaré un exilé sur le service birman de la BBC. "Cinq moines
ont sacrifié leur vie pour notre religion".


Des témoins ont parlé de 100.000 manifestants qui ont bravé
mercredi les matraques et les gaz lacrymogènes dans les rues du
centre de Rangoun.


Les soldats se sont retirés jeudi de la pagode de Sule, où
se sont terminées un bon nombre de marches de protestation. Des
policiers armés se trouvent cependant toujours à l'intérieur du
sanctuaire, qui reste fermé. La police a d'autre part arrêté
deux responsables de la Ligue nationale pour la démocratie (LND,
opposition), a déclaré le porte-parole du parti.





VISITE D'UN ÉMISSAIRE DE L'ONU ?


Ces raids et arrestations laissent penser que la junte au
pouvoir ne changera pas de cap, grâce à l'appui de la Chine et
malgré les protestations de la communauté internationale.


La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a parlé
d'une "tragédie" birmane et exhorté les généraux à permettre
qu'un émissaire de l'Onu se rende à Rangoun et rencontre Aung
San Suu Kyi, chef de file de l'opposition, qui est en détention.


"Le régime a réagi avec brutalité face à des gens qui
protestaient tout simplement dans le calme", a-t-elle dit en
marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.


Le Conseil de sécurité des Nations unies a pressé mercredi
soir la junte birmane d'autoriser la visite d'un émissaire de
l'Onu, mais la Chine, qui dispose d'un droit de veto, a rejeté
d'entrée de jeu l'idée de sanctions ou d'une condamnation du
recours à la force par la junte face aux manifestants.


Les 15 membres du Conseil n'ont, par conséquent, pas publié
de communiqué officiel de condamnation de la répression, comme
l'ont fait individuellement les Etats-Unis ou les Européens.


Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient demandé au
Conseil de sécurité d'envisager des sanctions contre la
dictature et exigé que la junte engage le dialogue avec Aung San
Suu Kyi et les minorités ethniques du pays.


Au terme d'une réunion extraordinaire sur l'ex-Birmanie, les
membres du Conseil de sécurité "ont exprimé leur inquiétude face
à la situation et ont appelé à la retenue, notamment de la part
du gouvernement du Myanmar", a déclaré l'ambassadeur de France à
l'Onu, Jean-Maurice Ripert, président du Conseil de sécurité
pour ce mois-ci.


"Ils (les membres du Conseil) ont salué la décision du
secrétaire général de dépêcher d'urgence son émissaire spécial
dans la région et soulignent l'importance de voir M. Ibrahim
Gambari reçu dès que possible par les autorités du Myanmar", a
ajouté l'ambassadeur de France.


Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a déclaré
qu'Ibrahim Gambari, sous-secrétaire général et émissaire spécial
pour le Myanmar, partirait sans attendre pour la région et
attendrait que la junte lui permette d'entrer dans le pays.

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