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REPORTERS - EXCLUSIF FRANCE 24

L'enfer afghan

4 min

En Afghanistan, la coalition de l'Otan combat les Taliban. Pour FRANCE 24, N. Ransom et M. Mabin ont suivi des commandos du contingent français.

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Carnet de route de Nicolas Ransom

Première nuit à AirBorn

Première nuit à Airborn. Dans la chambre, trois lits superposés. Gas, Lionel et Bubu, dorment en bas. Il ne reste plus que les places en hauteur. Je n’ai pas le choix. Il faudra poser mon sac de couchage sur un des trois sommiers à proximité du plafond. Gas a le sourire et plaisante sur les attaques à la roquette* durant la nuit. « En un mois, il y en a déjà eu 4 », dit Bubu. Pour une première nuit, ça ne me rassure pas. Eux, rigolent, mais ce n’est pas moqueur. « Nous, on est protégé. Si elle tombe, y a toujours le plafond, puis le lit du dessus qui peut l’amortir », dit Gas en rigolant. Le décor est planté. Tard dans la nuit je trouve le sommeil.

*Le 25 juillet 2007, un sous-officier français instructeur de l'armée afghane est mort dans le sud de la province de Wardak lors d’une attaque à la roquette.
 
Un 14 octobre sous le feu.

Je suis KO. Nous venons de rentrer. Il est 21h. Mon premier jour sous le feu. Une peur que je ne connaissais pas. Les Taliban ? Je ne les ai pas vus. Mais leurs roquettes ! Deux sont tombées à 50 mètres. Gas a répliqué avec sa minimi (une mitrailleuse). Beaucoup de bruit. Ça claquait de partout. Difficile de comprendre ce qu’il se passe. Filmer, mon seul objectif. Mais ces buissons, et cette poussière, cette poussière. Que de la poussière, les américains l’appellent « moondust ». Elle est partout. Sur l’objectif jusque dans mes poumons.

Un soir de roquette.

Il est 22H, je me prépare à me coucher. Soudain, une grosse déflagration. Avec Bubu, le militaire français, on se regarde. « Les américains font des tirs ? ». Soudain au poste radio US, un GI m’informe qu’il s’agit d’une nouvelle attaque des Taliban sur la base. Leur frappe est tombée à 100 mètres. Les américains ripostent aux mortiers. D’abord un lumineux pour cibler l’ennemi. La nuit s’illumine. Le jour en pleine nuit. Cela me rappelle la Guyane, lorsque je filmais les majestueux décollages d’Ariane à Kourou. Mais ici, pas de forêt, mais des montagnes. 1,2,3, les obus partent en rafale. L’armée nationale afghane, qui est aussi avec nous sur la base, réplique. A sa façon. Au 122D30, un vieux canon, récupéré de la guerre contre les soviétiques. Les afghans règlent leur canon. Un militaire français me dit d’ouvrir la bouche pour éviter que ma cage thoracique ne soit trop comprimée. La déflagration est impressionnante. Fiers de leurs engins, les afghans ont le sourire. Certains obus datent de 1983. Des munitions d’un autre temps. Un matériel obsolète, mais qui marche encore.

Route minée

Ce soir, le capitaine afghan interpelle Jean-Gael, le capitaine français. « Selon les services secrets afghans, les Taliban vont piéger la route d’accès au camp. Il faut mettre en place une opération. A l’aube», dit l’afghan tout endormi. Hallucinante information ! Finalement afghans et français se lèvent à 3h30 ce matin. Il est 4h, nous descendons le long du chemin. Personne. Pas une bombe. Pas une mine. Mais les troupes afghanes persévèrent. A 8h, nouvelle alerte. Une mine anti char a été dissimulée. Par chance, deux blindés américains viennent d’être stoppés à temps. A son passage l’un d’eux auraient certainement sauté. Les démineurs américains font le reste du travail. Pas de dégât, mais curieuse cette information des services secrets. Particulièrement précise non ? Une information qui justifie en tous les cas leur existence…

Dernier soir

L’opération de récupération des deux humvees américains est terminée. Bombardement aérien sur une position taliban, important déploiement de force. Je dois rentrer sur Kaboul. Je profite d’un convoi militaire. Il faut partir vite pour ne pas arriver trop tard et se retrouver bloqué en arrivant dans la frénétique circulation de Kaboul. Il fait nuit. Nuit noire. 1h30 à ne pas voir grand-chose, à l’arrière du blindé. Je ne vois que les lueurs des phares des voitures arrivant en face de nous. Ça klaxonne. De partout ! En Afghanistan, les convois militaire ne s’arrêtent jamais quitte à passer sur les bas côtés ou à contre sens. Tout véhicule est un danger potentiel. Ici, les attaques à la voiture suicide sont fréquentes. Jean GAEL, et sa troupe ont perdu un camarade de section, le 21 septembre dernier. Un gamin de 16 ans s’est fait sauté au passage du convoi. Nous arrivons entier à Warehouse, le camp français de Kaboul. Sacré rodéo en véhicule blindé.
 

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