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Liban

La présidentielle libanaise est reportée au 30 novembre

4 min

Le porte-parole du président sortant a confirmé à FRANCE 24 que "la formation d’un second gouvernement ne figurait pas parmi les choix de Lahoud".Voir le dossier

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Le président du parlement libanais a reporté pour la cinquième fois le vote destiné à choisir un président avant la fin du mandat de l’actuel président Emile Lahoud, à minuit. Le président Nabih Berri, un chef de l’opposition chiite, a repoussé cette élection sous prétexte qu’un nombre insuffisant de députés s’étaient présentés au parlement. Une nouvelle session parlementaire est prévue le 30 novembre.

Plus de 100 députés s’étaient rendus au Parlement, mais les députés de l’opposition ont refusé d’entrer dans la chambre, où devait se tenir le vote.

Cette décision signifie que le siège du président ne sera pas occupé pendant au moins une semaine. L’attention se tourne à présent vers le président Lahoud. Son porte-parole, Rafik Chalala, a assuré FRANCE 24 que « le président Lahoud ne formerait pas un gouvernement parallèle ou d’intérim ».

L’avènement d’un gouvernement parallèle renverrait à une situation identique à celle de 1988, lors de la fin du mandat du président Amin Gemayel. A l‘époque, le pays avait été scindé en deux : un gouvernement présidé par Selim el Hoss et l’autre dirigé par le général Aoun.

Dans ce cas,  la Constitution prévoit le transfert des pouvoirs du président au gouvernement afin d’éviter le vide constitutionnel. « C’est une solution provisoire puisque ce dernier sera principalement chargé d’organiser une nouvelle élection », a déclaré le député Samir Frangieh, membre de la majorité parlementaire, à FRANCE 24.

Cependant  d'autres scénarios sont envisagés si la mésentente perdure entre les deux camps.

 
La création d’un gouvernement parallèle

La majorité parlementaire - qui dispose de 68 députés sur 127- a ainsi prévenu qu'elle pourrait élire le président à la majorité simple. Mais cette solution est violemment rejetée par l’opposition, pour qui tout président élu en l'absence du quorum des deux tiers, prévu par la Constitution au premier tour, -la majorité simple suffisant au deuxième tour- est illégitime. 

L’opposition menacé de former un gouvernement parallèle à celui de Fouad Siniora - comme en 1988. Cette éventualité suscite la crainte d'une division profonde du pays, qui pourrait sombrer dans le chaos.

Et c’est certainement pour éviter ce cas de figure qu’un ultime coup de collier a été donné hier dans la soirée par les chefs de la diplomatie italienne, Massimo d’Alema, espagnole, Miguel Angel Moratinos et française Bernard Kouchner. Ces derniers qui ont déploré ne pas avoir obtenu de déblocage, ont promis de rester engagés pour sortir le pays de l'impasse.

 
Un président intérimaire nommé par la majorité

Les trois diplomates se sont exprimés le 22 novembre après les dernières déclarations -inattendues - du général Michel Aoun, pilier de l’opposition : son camp nommerait un candidat intérimaire à la présidence et la majorité anti-syrienne nommerait le futur Premier ministre. Ce président, a-t-il affirmé, ne serait pas une personnalité issue de son bloc parlementaire et resterait en fonction jusqu'aux élections législatives prévues au printemps 2009. L’initiative serait valable jusqu'à la fin du mandat du président sortant Emile Lahoud, soit « vendredi 23 novembre à 23h ».

Mais la majorité anti- syrienne a dénoncé cette proposition, qu'elle considère comme « une atteinte à la fonction présidentielle ». Elle a par ailleurs appelé  tous les députés à se rendre au Parlement vendredi, dernier jour du délai constitutionnel pour l'élection d'un nouveau président. « La proposition du général Aoun n’est pas constitutionnelle » a déclaré le député Samir Frangieh à FRANCE 24.

Un « vide institutionnel organisé »

Un autre cas cité par le quotidien libanais An Nahar, proche de la majorité au pouvoir, pourrait se présenter en cas de « vide présidentiel ». Le journal déclare que les négociations entre les deux camps pourraient se diriger vers un accord sur un « vide (institutionnel) organisé ». La majorité et l'opposition s'engageraient alors, pendant une phase transitoire, à « ne prendre aucune mesure de provocation ». La première n’élirait donc pas de président à la majorité simple et la seconde s’abstiendrait de former un gouvernement parallèle.

La dernière option - proposée par le président pro-syrien sortant Emile Lahoud- serait la  nomination du général Michel Sleimane, commandant en chef de l’armée.   Une situation qui rappellerait 1988, lorsque le président sortant Amine Gemayel avait fait de même avec le général Aoun.Et pourtant les derniers journalistes optimistes espèrent encore une issue de la dernière minute, voire un miracle. « Dans un pays comme le Liban, c'est lors du dernier quart d'heure que tout se décide », a déclaré un journaliste local à FRANCE 24.
 

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