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CONSTITUTION

Un projet de loi pour amender la Constitution

4 min

Le gouvernement libanais a élaboré un projet de loi pour amender la Constitution et permettre l'élection de Michel Sleimane à la tête de l'Etat.

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L'un des piliers de l'opposition libanaise, le chrétien Michel Aoun, a déclaré jeudi qu'il était favorable à l'élection à la présidence de la République du chef de l'armée, le général Michel Sleimane, ouvrant ainsi la voie à une sortie de l'impasse politique.

"Oui bien sûr, je le soutiens, et je suis très heureux", a affirmé à des journalistes M. Aoun, le chef du Courant patriotique libre (CPL), qui s'était lui-même dit candidat au poste de président.

Le Liban est sans président depuis l'expiration du mandat de l'ancien chef de l'Etat Emile Lahoud le 23 novembre à minuit sans successeur, la majorité parlementaire antisyrienne soutenue par l'Occident et l'opposition proche de Damas et Téhéran n'étant pas parvenues à s'accorder sur un nom.

"Si la majorité le veut et que d'autres parties dans l'opposition le veulent, alors c'est bon", a poursuivi M. Aoun, allié du puissant Hezbollah chiite, chef de file de l'opposition.

"Il y a des obstacles constitutionnels qui devraient être levés parce que le gouvernement est illégitime", a-t-il ajouté.

L'élection du général Sleimane nécessiterait un amendement constitutionnel, car en vertu de l'article 49 de la Constitution, il est interdit aux hauts fonctionnaires de devenir chefs de l'Etat, sauf s'ils démissionnent de leur poste deux ans avant l'élection.

Dans ce cas, le gouvernement doit présenter l'amendement au Parlement.

Mais le cabinet de Fouad Siniora est considéré comme illégitime par l'opposition depuis la démission de tous les ministres chiites du gouvernement en novembre 2006.

Mercredi, la coalition au pouvoir a proposé le nom du général Sleimane pour mettre fin au blocage, précisant être prête à ne plus s'opposer à un amendement à la Constitution.

Le Hezbollah a lié la candidature du chef de l'armée à l'approbation de M. Aoun.

La présidence est réservée, selon la tradition, à un chrétien maronite.

En raison de l'impasse politique, la séance du Parlement consacrée à l'élection d'un nouveau chef de l'Etat a été reportée à cinq reprises en deux mois.

Une nouvelle séance est prévue vendredi, mais elle pourrait être elle aussi repoussée, selon des sources proches du président du Parlement, Nabih Berri, un ténor de l'opposition, et des députés.

"Il est probable qu'il n'y aura pas de séance en attendant de trancher la question du consensus", a déclaré Ali Hassan Khalil, député du mouvement Amal (chiite) présidé par M. Berri.

Une autre source proche de M. Berri a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat que "la tenue de la séance reste tributaire des contacts, qui n'ont pas encore abouti".

Du côté de la majorité, le député et candidat présidentiel, Boutros Harb, assure également qu'il "n'y aura probablement pas de vote demain".

Depuis sa nomination à la tête de l'armée en 1998, le général Sleimane, qui n'a pas fait acte de candidature, a su garder ses troupes unies et s'est efforcé de maintenir l'institution militaire à l'écart de la lutte pour le pouvoir qui divise la classe politique libanaise.

Bien que certains l'accusent d'être un allié de Damas, le général Sleimane est resté neutre lors de la crise autour de la présidentielle, appelant ses troupes après le départ de M. Lahoud à ignorer les disputes politiques.

L'élection et la réélection de l'ex-président Emile Lahoud, également ancien chef de l'armée, avaient requis en 1998 et 2004 des amendements imposés par la Syrie, puissance de tutelle de l'époque.

La majorité accuse l'opposition de vouloir un président soumis à Damas et Téhéran, tandis que celle-ci estime que la coalition au pouvoir veut un chef de l'Etat inféodé aux Etats-Unis.

La crise libanaise est interprétée comme un prolongement du bras de fer opposant les Etats-Unis à la Syrie et à l'Iran.
 

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