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RDC

Conférence de paix au Nord-Kivu

4 min

Une conférence de paix s'est ouverte dimanche en République démocratique du Congo. Le président Kabila offre aux insurgés leur réinsertion en échange de leurs armes. (Récit : C. Molle-Laurençon)

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Une conférence sur la paix dans les provinces troublées de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) s'est ouverte dimanche à Goma avec les représentants du pouvoir, des groupes armés et de membres de la société civile, a constaté l'AFP.

Les délégués des différents groupes armés locaux opérant dans la région, notamment ceux du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, mouvement politico-militaire du général déchu Laurent Nkunda), participent à cette conférence de neuf jours dans la capitale du Nord-Kivu.

Juste après la cérémonie d'ouverture, la société civile a annoncé la suspension de sa participation au motif que la composition des instances dirigeantes de ces assises est "totalement déséquilibrée et montre que les résultats ne seront pas à l'avantage des Congolais".

De son côté, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a dans un mémorandum transmis à l'AFP mis en garde contre la "balkanisation" du pays et recommandé aux participants "de ne point déroger sur les acquis importants" notamment la Constitution du pays qui "a résolu le problème de la nationalité".

Pour la Cenco, "il serait inacceptable que la conférence de Goma remette en question les institutions (du pays) ou qu'elle devienne un nouveau lieu de partage du pouvoir en marge des mécanismes  constitutionnels".

Organisée à l'initiative du président Joseph Kabila, cette conférence vise à mettre fin aux conflits dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, frontalières du Rwanda et du Burundi, et à jeter les bases d'une paix durable et d'un développement intégral dans la région.

La cérémonie d'ouverture a été présidée par le ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, Denis Kalume, en présence de représentants de la communauté internationale.

Cette conférence, dont les travaux se poursuivront lundi, réunira environ 600 personnes: parlementaires, membres de la société civile, militaires et représentants des différentes communautés ethniques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le Nord-Kivu est depuis août 2007 le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) - qui y ont déployé près de 25.000 hommes - et des soldats insurgés ralliés à Nkunda, dont le nombre est estimé à environ 4.000.

Tutsi congolais, Nkunda se pose en protecteur de sa communauté et réclame officiellement la neutralisation des rebelles hutus rwandais basés en RDC - dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis. Il exige aussi le retour de quelque 46.000 Tutsis congolais réfugiés depuis des années dans les pays voisins.

Pour permettre la tenue dans "les meilleures conditions" de ce forum, le gouvernement a décidé samedi de suspendre ses opérations militaires au Nord-Kivu.

M. Kalume a demandé à tous les groupes armés nationaux de "déposer les armes et d'opter soit pour l'intégration dans les forces publiques soit pour la participation au programme de désarmement, démobilisation et la réinsertion".

Il a rappelé aux groupes armés étrangers la nécessité de s'inscrire au programme de désarmement volontaire afin de permettre leur rapatriement "sous la protection de la communauté internationale".

Auparavant, le président du bureau de la conférence, l'abbé Apollinaire Malu Malu, avait invité les participants à oeuvrer pour la paix, rappelant que ces assises ne seraient pas le lieu pour "changer l'ordre constitutionnel" en RDC.

"Le temps de la paix a sonné. Nous venons chercher des mécanismes appropriés pour mettre fin à la guerre qui n'a plus de place en République démocratique du Congo après la mise en place des institutions démocratiquement élues" à l'issue des scrutins de 2006, a-t-il déclaré.

Cette conférence abordera notamment les problèmes posés par la présence de groupes armés locaux et étrangers, la surveillance des frontières, le trafic illicite de minerais ainsi que la prolifération des armes dans la région.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole militaire du CNDP de Nkunda, le major Séraphin Mirindi, a salué la tenue de ces assises qui, a-t-il dit, n'apporteraient la paix que "si l'on tenait compte de nos revendications".

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