VIE QUOTIDIENNE

Hélicoptères et groupes électrogènes

4 mn

L’afflux de troupes américaines et les alliances conclues avec les groupes tribaux sunnites semblent avoir apporté un peu de paix dans les rues de Bagdad.

Publicité

"Il y a moins d’attentats suicides qu’avant", affirme le Dr. Alaa Fahim, chirurgien cardiologue à l’hôpital Kademia à Bagdad. "Et la sécurité s’est nettement améliorée ces six derniers mois, grâce aux milices al-Sahwa." Al-Sahwa", "l’Eveil" en arabe, est une force sunnite dirigée par des chefs tribaux et financée par les forces américaines. Leur mission : patrouiller dans les rues de la capitale. Les 70.000 miliciens d’"Al-Sahwa" recensés par les forces américaines ont contribué à réduire considérablement les violences intercommunautaires et les attentats suicides.

En décembre dernier, l’armée américaine constatait que le "renforcement", le déploiement de milliers de soldats américains supplémentaires à Bagdad, et la formation de 300 groupes "Al-Sahwa" à travers le pays, avaient contribué à réduire de 62 % le nombre d’attaques depuis juin 2007.

Il y a un an, Bagdad était le théâtre d’affrontements sanglants entre des milices rivales chiites et sunnites. Aujourd’hui, les Badgadis vivent dans une relative tranquillité. Ceux qui avaient fui les combats reviennent peu à peu.

Avez-vous des questions sur la vie à Bagdad ? Envoyez-les à notre reporter Lucas Menget.

Un calme précaire

Bagdad serait-elle venue à bout de l’insécurité ? Pas si sûr. Ces signes d’apaisement ne suffisent pas à convaincre Lucas Menget, grand reporter à FRANCE 24. Pour lui, cette accalmie n’est que temporaire. "C’est vrai qu’il y a moins d’affrontements interethniques, moins de conflit entre les quartiers sunnites et chiites de Bagdad, admet-t-il. Mais avec les cellules dormantes de miliciens et de terroristes, les violences peuvent reprendre."

D’ailleurs, les militaires américains vivent toujours dans la peur de nouvelles attaques. "Les convois américains se déplacent la nuit maintenant, car ils ont peur des attaques. Vous pouvez les entendre passer, la nuit", souligne le journaliste.

"Actuellement, une combinaison de forces de police, de commandos, de milices et de troupes liées à des ministères placés sous la houlette des forces américaines maintiennent la loi et l’ordre, poursuit Lucas Menget. Les Américains sont plus discrets qu’avant, ils ont volontairement laissé le contrôle quotidien de la sécurité aux Irakiens. Mais la nuit, ils se déplacent et surveillent la ville."

Les Iraquiens disent avoir très peu de contacts avec les troupes américaines. "Nous n’avons tout simplement aucune relation avec les soldats américains, affirme Haidar Aloui, un commerçant. Et il est très difficile de trouver ici un Irakien heureux de voir les Américains patrouiller dans les rues."

Manque de médicaments

La méfiance reste de mise chez la plupart des Bagdadis. Même si les rues semblent plus sûres, les habitants s’aventurent rarement aux alentours de la ville. "Les marchés sont approvisionnés mais les gens ont peur d’y aller", confirme le reporter.

Etals riches en marchandises, accès à l’eau aisé… mais électricité capricieuse. C’est bien ce dont se plaignent les habitants de la ville. Alors beaucoup de Bagdadis se sont dotés de groupes électrogènes.

Le chaos qu’a connu la ville semble être un mauvais souvenir. Tout comme l’épidémie de choléra de septembre 2007. Le système de santé s’est considérablement amélioré au cours de ces derniers mois. Le Dr Fahim assure que les maladies courantes sont soignées facilement. Mais les établissements manquent cruellement de médicaments pour les affections plus sérieuses. "Les médicaments sont soit trop chers, soit indisponibles", explique-t-il. Plus préoccupant encore, le nombre de médecins irakiens fuyant à l’étranger augmente, selon le médecin, de façon dramatique.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine