PAKISTAN

Benazir Bhutto tuée dans un attentat

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L'ex-Premier ministre pakistanais a été assassinée, après un meeting électoral qu'elle tenait à Rawalpindi, près d'Islamabad. Le président Musharraf a décrété trois jours de deuil national.

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A deux semaines des élections législatives au Pakistan, l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a été tuée dans un attentat. Le président Musharraf a décrété trois jours de deuil national.

Selon la police, Benazir Bhutto aurait reçu une balle dans le cou, avant l’explosion d’une bombe, sans doute portée par un kamikaze. Benazir Bhutto, 54 ans, est décédée des suites de ses blessures à l’hôpital.

Benazir Bhutto venait de tenir un meeting électoral à Rawalpindi, dans la banlieue d’Islamabad. Elle avait déjà été la cible d’un attentat suicide qui avait fait près de 150 morts lors de son retour à Karachi, dans le sud du pays, le 18 octobre dernier.

Le gouvernement pakistanais a annoncé qu’au moins 16 autres personnes auraient été tuées et 56 blessées dans l’attentat-suicide.

Violences dans le pays

Quelques heures à peine après l’assassinat de Benazir Bhutto, le principal tribunal et un autre bâtiment officiel ont été incendiés à Jacobabad, la ville de Mohammedmian Soomro, Premier ministre pakistanais de transition, dans le sud du Pakistan.

Les violences semblaient s’étendre dans la soirée à tout le pays. Selon l’AFP, au moins dix personnes auraient été tuées dans des émeutes et des dizaines d'autres blessées.

Plus tôt, une centaine de manifestants avaient été dispersés par la police pakistanaise à Peshawar (nord-ouest) tandis que plus d'une centaine de partisans de Benazir Bhutto bloquaient l'artère principale de la ville où ils avaient incendié des panneaux d'affichage en scandant des slogans hostiles au président Pervez Musharraf.

D’autres manifestations ont eu lieu à Multan (centre) où les commerçants locaux ont décrété trois jours de deuil. Les commerces étaient également fermés à Karachi, le fief politique de Benazir Bhutto.

Musharraf appelle à la paix

Quelques heures après la mort de Benazir Bhutto, le président du Pakistan Pervez Musharraf a lancé un appel à la paix. Le chef de l'Etat, qui présidait une réunion d'urgence de son gouvernement et des autorités militaires au palais présidentiel à Islamabad, a appelé ses concitoyens à rester calmes pour "que les desseins diaboliques des terroristes soient mis en échec".

De son côté, Nawaz Sharif, ancien Premier ministre et leader, comme Benazir Bhutto de l'opposition, a promis aux Pakistanais de "mener leur guerre". "Je vous promets que je mènerai votre guerre à partir de maintenant", a-t-il lancé, manifestement très éprouvé, à la foule massée devant l'hôpital où Benazir Bhutto est décédée. "Je partage votre douleur et votre chagrin, avec la nation toute entière", a-t-il ajouté.

La plus grande confusion régnait jeudi dans les environs d’Islamabad. Selon Graham Usher, correspondant GRN pour FRANCE 24 sur place "il y a des ambulances partout. Il y aura des blessés et des morts, mais le nombre est loin d’être arrêté".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de tenir une réunion d'urgence pour discuter de la situation pakistanaise.

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