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Longue vie aux Bhutto

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Enquête sur l'après-Benazir Bhutto. Son fils, Bilawal, est-il capable de lui succéder à la tête du Parti du peuple pakistanais ? (Reportage : H. Frade et P. Barber)

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Longue vie aux Bhutto


Benazir Bhutto est morte, mais ses sympathisants affirment que son esprit vit toujours. Hélène Frade et Paul Barber ont rencontré pour FRANCE 24 ceux qui croient que son mari et son fils pourront conduire son parti à une victoire électorale – et ceux qui n’y croient pas.

Après une dernière charge contre les ennemis du Pakistan dans un discours enflammé, Benazir Bhutto était assassinée le 27 décembre 2007 à Rawalpindi.

Le Parti du peuple pakistanais (PPP) en est orphelin. L'ancienne Premier ministre se savait menacée et avait déjà écrit son testament.

Asif Ali Zardari, son mari, et Bilawal, son fils de 19 ans, sont désignés pour présider le PPP et le mener aux élections.

Les habitants de Lyari, un quartier pauvre de Karachi acquis au PPP, sont en deuil. Personne ici ne croit le gouvernement, qui accuse les islamistes d’être les assassins de Benazir.

Plus loin, au nord, ceux qui viennent se recueillir sur la tombe de l’ancienne Premier ministre et celle de son père, lui aussi assassiné, ne cachent pas leur colère : "Nous vengerons les Bhutto. Aucun de leurs assassins ne nous échappera", promettent-ils.

Asif Ali Zardari, nouveau co-président du PPP, affirme que la mort de son épouse n’arrête pas son action politique. "Les ennemis de la démocratie ont toujours pensé qu’en tuant, en martyrisant un Bhutto, ils seraient capables de vaincre le Parti du peuple pakistanais… Mais l’Histoire en est témoin : à chaque fois qu’on a tué un de ses chefs, le PPP est revenu avec plus de vigueur et plus de force", rappelle-t-il.

Pour les partisans du président Pervez Musharraf, le PPP est gangréné par le clientélisme. "Les Bhutto, vous savez, ce sont des gens corrompus", assène Altaf Hussein Unar, candidat de la Ligue musulmane pakistanaise. "Ils ont été condamnés dans plusieurs affaires. Ils sont poursuivis jusqu’en Suisse. Il y a des procès en cours contre Zardari. Tous les leaders du PPP sont corrompus."

A l’intérieur du PPP, les Bhutto ne font pas non plus l’unanimité. Certains les accusent d’avoir trahi l’esprit de Zulfiqar Ali Bhutto, le père de Benazir, incarné par un slogan : "Du pain, des vêtements, un toit."

Les élections législatives, reportées au mois de février, diront si le Pakistan est capable de trancher démocratiquement entre les différents camps et de répondre aux frustrations de sa population.

 

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