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KENYA

Kofi Annan en médiateur à Nairobi

3 min

L'ancien secrétaire général de l'ONU entame une mission de médiation au Kénya sous l'égide de l'Union Africaine. Il va tenter de trouver une solution à la crise post-électorale qui a fait plus de 700 morts. (Récit de L.de Matos)

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L'ancien secrétaire général
de l'Onu Kofi Annan, arrivé à Nairobi pour tenter de trouver une
solution à la crise politique kényane, a appelé mardi les
parties en présence à entamer un dialogue et à respecter l'état
de droit.


"Nous attendons de toutes les parties qu'elles entament un
dialogue en toute bonne volonté (...). Notre message aux parties
en présence est le suivant : il ne peut pas y avoir de solution,
de paix et de stabilité sans respect de l'état de droit.


"Le Kenya occupe une place très importante sur le continent
(...) Il a été un havre de stabilité pour de nombreux réfugiés,
entre autres, et ce serait une catastrophe que de le perdre", a
déclaré le diplomate ghanéen.


La médiation d'Annan fait suite à celle du président ghanéen
John Kufuor, président en exercice de l'Union africaine, qui n'a
pas réussi à obtenir que le chef de l'Etat kényan Mwai Kibaki et
son grand rival de l'opposition, Raila Odinga, se rencontrent.


L'ancien secrétaire général de l'Onu aura fort à faire pour
trouver une solution à la crise post-électorale qui a fait 650
morts et 250.000 déplacés depuis la réélection contestée de
Kibaki le 27 décembre.


Malgré les pressions internationales, le chef de l'Etat et
Odinga refusent de se rencontrer et campent sur des positions de
plus en plus inconciliables.


"M. Annan a très peu de moyens de pression sur Kibaki comme
sur Odinga ou sur leurs entourages respectifs de bellicistes
myopes et flagorneurs", écrit l'éditorialiste Macharia Gaitho
dans le Daily Nation, premier tirage du pays.


Annan tentera néanmoins de les amener à accepter un accord
de partage du pouvoir et, peut-être, une nouvelle élection.


Si le scrutin lui-même s'est convenablement déroulé, les
observateurs indépendants et étrangers ont fait état de "graves
irrégularités" dans le dépouillement des suffrages.


Les partisans d'Odinga ont laissé éclater leur colère,
soulevant une vague de violences politico-ethniques.


Un membre de la tribu kikuyu, dont le chef de l'Etat est
issu, a encore été tué mardi dans la vallée occidentale du Rift,
a fait savoir la police.


Une centaine de partisans du président Kibaki ont en outre
été dispersés à coups de grenades lacrymogènes à Nairobi,
quelques heures de l'arrivée d'Annan, ce qui a provoqué un début
de panique.


Appelant à de nouvelles manifestations à partir de jeudi,
l'opposition s'est dit prête, en signe de bonne volonté, à les
annuler si Annan en fait la demande.


Mais les "faucons" de l'entourage de Kibaki sont ouvertement
hostiles à une médiation d'Annan. La semaine dernière, le
ministre des Infrastructures routières, John Michuki, rappelait
ainsi qu'Annan n'a pas été invité par le gouvernement kényan.


Parallèlement à la médiation d'Annan, Yoweri Museveni est
arrivé mardi en voisin à Nairobi pour offrir ses services, mais
le président ougandais, l'un des rares chefs d'Etat africains à
avoir félicité Kibaki pour sa victoire, n'est pas le bienvenu
pour l'opposition.


L'ODM a par ailleurs annoncé qu'une plainte pour crime
contre l'humanité visant KIbaki allait être déposée à la Cour
pénale internationale.


Le gouvernement a également publié dans les journaux de
pleines pages de publicité accusant les pays occidentaux, les
médias internationaux et les organismes de défense des droits de
l'homme d'avoir alimenté les troubles en mettant en cause le
résultat de la présidentielle. L'ambassadeur des Etats-Unis à
Nairobi, Michael Ranneberger, a qualifié ces messages de
"vulgaire propagande".

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