UE - CLIMAT

L'UE présente son plan pour le climat

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José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, présente mercredi aux eurodéputés le plan d'action contre le changement climatique. Les tractations promettent d'être difficiles avec les pays industriels.

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La Commission européenne s'attend à d'âpres négociations avec les pays européens sur son plan d'action contre le changement climatique, décrié par les industriels du Vieux Continent comme une menace pour leur compétitivité face à des concurrents moins soucieux de l'environnement.

José Manuel Barroso, son président, présente mercredi aux eurodéputés le projet finalisé à l'issue de longues et difficiles tractations, qui ont duré jusque tard mardi, a-t-on appris de source européenne.

Les pays membres et les industriels ont multiplié les pressions, souvent avec succès, pour atténuer la portée des dispositions jugées les plus pénalisantes.

Le projet entend donner à l'Union européenne les moyens de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 d'ici à 2020 et, sur cette même période, de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation.

Les 27 s'étaient engagés sur ces objectifs globaux en mars 2007. La Commission les a déclinés par pays, avec des efforts nationaux dont le chiffrage est contesté.

L'examen de la situation en 2005 montre l'ampleur de la tâche: les émissions de gaz à effet de serre avaient alors été réduites de 6% seulement par rapport à leur niveau de 1990 et les énergies renouvelables représentaient 8,5% de la consommation, mais avec d'énormes disparités entre Etats membres.

La Commission propose de concentrer une grosse partie de l'effort sur les émissions de carbone (CO2) de l'industrie lourde, qui atteignaient plus de 2 milliards de tonnes en 2005, soit la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'Union.

L'autre moitié, environ 2 milliards de tonnes, provient des émissions de l'agriculture, des transports, de l'habitat. Elle devront être réduites de 10% en 2020 et les transports, dépendant du pétrole, devront obligatoirement consommer 10% de biocarburants.

Bruxelles a appliqué le principe du pollueur-payeur pour réduire les émissions de CO2, en proposant de faire payer à partir de 2013 des permis à polluer que l'Europe a commencé à accorder aux industriels à titre gratuit en 2005.

En 2013, les électriciens devraient payer d'emblée 100% des quotas d'émissions de CO2 qui leur sont pour le moment accordés gratuitement. La tonne d'équivalent carbone vaut actuellement 23 euros.

Une progressivité est prévue pour les autres secteurs industriels, notamment la sidérurgie, la pétrochimie, le transport aérien. L'objectif reste de faire payer intégralement ces quotas de pollution par tous en 2020.

L'industrie a dénoncé une atteinte à sa compétitivité et a menacé de délocaliser vers des cieux moins regardants. Le commissaire européen en charge du secteur, l'Allemand Günter Verheugen, a soutenu ces critiques.

Plusieurs dirigeants européens ont écrit à M. Barroso pour mettre en garde contre des délocalisations et demander des dérogations pour les entreprises des secteurs aux contraintes énergétiques fortes.

Les pressions exercées ces derniers jours inquiètent certains élus européens. "Nous nous attendons à une énorme poussée dans le mauvais sens",  commentait en début de semaine l'eurodéputé Vert Claude Turmes.

"Les capitaines d'industrie veulent être exemptés de toute contrainte en Europe. Si l'Europe les exempte, c'est bingo pour le reste du monde", a-t-il averti.

Le plan d'action de la Commission, composé de 5 projets de loi et une disposition sur les aides d'Etat, est soumis à l'approbation des députés et des Etats membres.

M. Barroso a reconnu que les négociations seront difficiles. Il espère toutefois un accord pour la fin de l'année. Son mandat se termine en 2009.

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