CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME - GAZA

L'ONU demande la levée du blocus israélien

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Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a réclamé la levée du blocus imposé par Israël à Gaza. Plus de 700 000 Palestiniens auraient déjà traversé la frontière pour se ravitailler. (Récit : C. Molle-Laurençon)

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GENEVE, 24 janvier - Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a déploré jeudi des "violations graves" commises par Israël à Gaza et réclamé la levée du blocus imposé la semaine dernière par l'Etat juif au territoire palestinien contrôlé par le Hamas.
 
La résolution du Conseil, dont le texte avait été présenté par ses membres arabes et musulmans, a été approuvée par 30 voix contre une et 15 abstentions, le 47e membre étant absent.
 
C'est la troisième fois que l'instance créée en juin 2006 à Genève pour succéder à la Commission des droits de l'homme, jugée trop partiale, réprimande Israël lors d'une réunion extraordinaire consacrée à la situation dans les territoires palestiniens.
 
Des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien, affluaient jeudi pour la deuxième journée consécutive vers l'Egypte pour s'approvisionner.

Cette ruée vers la partie égyptienne de la ville de Rafah, à cheval sur la frontière, et vers El-Arich, plus à l'ouest, s'est poursuivie toute la journée, après la destruction partielle à l'explosif de la clôture frontalière mercredi.

Confrontés à une pénurie de produits de base à Gaza en raison du blocus imposé le 17 janvier en représailles aux tirs de roquettes palestiniennes, la plupart des Palestiniens font des provisions en Egypte, à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués à Gaza.

Selon une estimation de l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), au moins 700.000 habitants de Gaza ont traversé la frontière mercredi et jeudi.

De nombreux magasins dans la partie égyptienne de Rafah et El-Arich ont vendu tous leurs stocks, selon des témoins.

L'ouverture de Rafah, où le terminal était fermé depuis juin 2006, a aussi offert aux habitants de Gaza une rare occasion retrouver leur famille de l'autre côté de la frontière.

Le président égyptien Hosni Moubarak, qui a ordonné à la police de laisser passer la foule, a accusé implicitement le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle Gaza, de tenter d'impliquer l'Egypte dans les différends interpalestiniens.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a quant à lui accusé Israël de vouloir "affamer" Gaza.

L'Etat hébreu a rejeté sur l'Egypte la responsabilité de gérer la situation. "Les Egyptiens connaissent parfaitement leurs obligations et ils les rempliront en fonction des accords" conclus avec Israël, a déclaré le ministre de la Défense Ehud Barak.

Pour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Aryeh Mekel, Israël n'est pas "tellement inquiet de ce qui sort de Gaza, mais plutôt ce qui y rentre. Le Hamas et les autres groupes terroristes vont profiter de l'occasion pour infiltrer terroristes et armes".

La Maison Blanche s'est aussi montrée préoccupée, qualifiant de "grave" la situation à la frontière entre l'Egypte et Gaza.

Israël a par ailleurs appelé ses ressortissants à quitter d'urgence la péninsule du Sinaï et éviter de s'y rendre en raison de menaces d'attentats et d'enlèvements.

"Les éléments terroristes qui se trouvent dans le Sinaï oeuvrent en vue d'y enlever des Israéliens et de les transférer dans la bande de Gaza", a souligné le bureau israélien de lutte antiterroriste.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait affirmé mercredi que les pressions sur Gaza seraient maintenues tant que des roquettes tomberaient sur le sud d'Israël, même si les tirs ont sensiblement baissé ces derniers jours, notamment sur la ville de Sdérot.

"Il n'y a aucune raison de permettre aux Palestiniens de mener une vie normale alors que les enfants de Sdérot pleurent et mouillent leur lit de peur", a-t-il dit à Herzliya, près de Tel-Aviv.

 Depuis le 15 janvier, 41 Palestiniens, des activistes pour la plupart, ont été tués dans des attaques israélienne à Gaza.

Lors d'une conversation téléphonique avec le président américain George W. Bush, le roi Abdallah II de Jordanie a affirmé que le blocus et les incursions israéliennes menaçaient de "miner les efforts déployés (...) pour faire avancer le processus de paix" israélo-palestinien.

L'Organisation de la conférence islamique a pour sa part annoncé la tenue d'une réunion de ministres des Affaires étrangères à Djeddah (Arabie saoudite) le 3 février pour discuter du blocus israélien imposé à Gaza.

Selon un sondage publié jeudi, près des deux tiers des Israéliens (63,7%) se déclarent favorable à un durcissement des sanctions imposées aux Palestiniens de Gaza, contre 22,1% qui prônent un allégement.

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