ETATS-UNIS - PRIMAIRES

John Edwards joue son va-tout en Caroline du Sud

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John Edwards est obligé de se distinguer lors de la primaire en Caroline du Sud, s'il veut conserver une chance dans la course à l'investiture démocrate. Un reportage de Guillaume Meyer et Emmanuel St-Martin.

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Les trois prétendants démocrates à la Maison Blanche étaient engagés vendredi dans un combat acharné pour remporter samedi les primaires de Caroline du Sud, premier Etat du Sud à se prononcer dans le processus de sélection des candidats.

"Nous sommes engagés dans une course très serrée... je n'ai pas idée de ce qui va arriver demain", a lancé l'ex-Première dame Hillary Clinton à Columbia.

En tête des sondages, son rival Barack Obama espère une victoire, après avoir perdu les deux précédentes étapes du New Hampshire et du Nevada, ce qui le laisse jusqu'à présent avec une seule victoire à l'orée de la compétition, dans l'Iowa (centre).

Un nouvel échec pourrait sonner le glas des ambitions du jeune sénateur de l'Illinois, qui espère devenir le premier président noir des Etats-Unis. Mme Clinton est donnée gagnante par les sondages en Californie et à New York, les plus gros parmi les prochains Etats à voter le 5 février.

Un sondage publié vendredi par MSNBC crédite en revanche M. Obama de 38% des intentions de vote en Caroline du Sud, contre 30% à Mme Clinton, mais il révèle aussi un fossé racial entre les deux candidats: les Noirs, qui représentent la moitié de l'électorat démocrate de Caroline du Sud, préfèrent M. Obama à deux contre un, alors qu'il ne recueille que 10% des intentions de vote des Blancs.

Mme Clinton, désormais soutenue par le New York Times au nom de son "savoir", son "intellect" et son "expérience", a fait campagne vendredi en compagnie de plusieurs personnalités influentes de la communauté noire, mettant en garde contre un vote réflexe en faveur du candidat d'origine africaine.

"Si tous les Noirs du monde votaient pour des Noirs, où irions-nous? Si tous les Blancs du monde votaient pour des Blancs, où irions-nous?", s'est interrogée une conseillère municipale noire, Bernice Scott, lors d'un meeting organisé au Benedict College, université historiquement noire.

M. Obama a réuni pour sa part plus de 3.000 personnes, pour la plupart des étudiants, bravant le froid, lors d'un meeting en plein air à l'Université Clemson, à Greenville.

"Je vous aime", lui ont lancé des militants éperdus - "Je vous aime aussi", a-t-il répondu, en les appelant à se mobiliser: "en Amérique le changement a toujours commencé avec les jeunes... C'est votre moment, c'est votre heure!".

La journée a largement été exempte des attaques verbales qui empoisonnent la compétition entre les deux favoris depuis plusieurs jours.

"Tout ça doit se calmer, et tout le monde doit reprendre sa respiration. Nous savons que nous aurons un parti démocrate uni, une fois que le candidat aura été investi", a dit Mme Clinton sur la chaîne de télévision CBS.

Un partisan de M. Obama, l'ancien candidat démocrate John Kerry, a néanmoins accusé l'ancien président Bill Clinton de malmener la vérité. "Des choses ont été dites qui ne sont tout simplement pas vraies", a-t-il dit dans un entretien à la revue National journal.

Le troisième homme de la course, John Edwards, a diffusé un spot se présentant comme le seul adulte au milieu d'adversaires se chamaillant. Il est crédité de 19% des intentions de vote par MSNBC, mais ne cesse de progresser, et M. Obama a repris ces derniers jours certains de ses thèmes de campagne sur la paupérisation des classes moyennes.

Côté républicain, John McCain et Mitt Romney, qui se disputent la tête des sondages en Floride, où une primaire est prévue mardi, ont recommencé à s'attaquer mutuellement, au lendemain d'un débat très pacifique. "L'Amérique recherche des leaders, pas des managers", a lancé M. McCain à l'encontre de son adversaire, qui a fait fortune dans le capital-risque.

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