OPEN D'AUSTRALIE

Tsonga affronte Djokovic en finale à Melbourne

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Jo-Wilfried Tsonga, 38ème joueur mondial, affronte dimanche le Serbe Novak Djokovic, numéro 3 mondial, pour sa première finale dans un tournoi du Grand Chelem.

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Une "gueule", une histoire, du charisme, du panache et une finale en Australie: en quelques jours, Jo-Wilfried Tsonga est devenu une star incontournable du sport français et tout indique que ce n'est que le début.

"A star is born." Lorsque Jim Courier, ancien N.1 mondial et speaker de luxe à l'Open d'Australie, a officiellement proclamé la naissance d'une nouvelle étoile cette semaine, personne n'a trouvé à y redire.

Ni les spectateurs de la Rod Laver Arena, qui lui réservent une standing ovation non pas à chaque match mais à chaque set. Ni les anciens héros, comme Mats Wilander, qui voit en lui "le joueur le plus excitant depuis Federer."

Ni ses collègues de travail comme Arnaud Clément, qui résume: "Il est captivant, il dégage quelque chose. Il possède certes un jeu éblouissant mais au-delà on palpe un caractère. C'est beau un joueur comme ça sur un court de tennis. Il a tout d'une star."

La presse, qui le compare à des sommités comme Pete Sampras, Marat Safin, Boris Becker ou Yannick Noah, est également sous le charme. En France, on s'extasie devant la gentillesse et le naturel désarmant du Manceau.

A l'étranger, on parle du "nouveau roi de France" (le Britannique The Independent), du "Muhammad Ali du tennis" (l'Allemand Bild) ou encore du "cocktail explosif de puissance et de finesse" (l'Australien The Age).


Pain béni

Après une quinzaine de rêve à faire tourner les pouces dans son dos - son rituel de victoire - et ses adversaires en bourrique - Murray, Gasquet, Youzhny et Nadal sont là pour en témoigner - Tsonga a mis le monde à ses pieds. Et peut s'attendre à un tsunami médiatique à son retour en France mardi.

"C'est le délire", témoigne son attaché de presse Ludovic Languet. Tout le monde le veut! On travaille pourtant avec des sportifs comme Tony Parker ou Ladji Doucouré. Mais depuis le début de la semaine ça part dans tous les sens."

Il faut dire que Tsonga a tout pour plaire aux médias. Une histoire, avec des racines métissées et une traversée du désert de deux ans à cause des blessures. Un sourire. Un physique qui détonne et étonne. Un jeu percutant et offensif qui réveille les téléspectateurs. Et, en plus, il est sympa, bien élevé et d'une décontraction à toute épreuve. "C'est simple, Jo, tout le monde l'aime", souligne Patrice Hagelauer, entraîneur de l'équipe de France.

Tout cela est également du pain béni pour les sponsors. Yvan Commault, responsable du marketing chez Adidas, l'équipementier de Tsonga et de... Djokovic, en convient. "Je suis très heureux pour lui, pour le tennis français et pour nous", dit-il.


"Le protéger"

"Il a du charisme, il aime le show et c'est quelqu'un qui a des valeurs, souligne-t-il. Il a un côté fascinant. C'est très bien pour une marque comme la nôtre. C'est inattendu pour beaucoup et rafraîchissant pour tout le monde."

"Avec ce qu'il a fait en Australie, il a changé de catégorie. Lorsqu'il était blessé, il nous avait dit: +Vous investissez sur moi, vous ne serez pas déçus+. Ce qu'il fait aujourd'hui dépasse le cadre du sport."

Le danger est sous-jacent: une surexposition qui en a tant fait dérailler. Pour l'instant, Tsonga est encore dans sa bulle. "On essaye de le protéger en enlevant tous les journaux sur son passage, raconte son entraîneur Eric Winogradsky. Avec son agent, on a constitué un +book+ qu'il aura tout le temps de feuilleter dans l'avion du retour."

"Il est encore déconnecté de la réalité, abonde Ludovic Languet. A son retour, ça risque d'être violent. Mais on ne va pas faire n'importe quoi car on veut surtout éviter que ce soit juste un coup. Mais je ne m'inquiète pas trop. Jo-Wilfried a la tête sur les épaules et sait que c'est sa carrière qui prime."

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