PAKISTAN

Prise d'otage dans une école pakistanaise

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Des hommes armés ont pris en otage entre 200 et 250 enfants dans une école de la ville de Bannu, dans le nord-ouest du Pakistan, a annoncé le ministre pakistanais de l'Intérieur.

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Environ 250 enfants ont été pris en otage lundi par des combattants islamistes lourdement armés dans une école du nord-ouest du Pakistan où ceux-ci s'étaient réfugiés pour échapper à la police, près des zones tribales devenues le bastion d'insurgés proches d'Al-Qaïda.

Sept "terroristes", armés de grenades et de lance-roquettes, exigent notamment de pouvoir partir libres, a annoncé à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Hamid Nawaz.

Ils se sont terrés dans l'école du village de Domaïl, près du bourg de Karak, à environ 250 km au sud-ouest d'Islamabad, après une tentative d'enlèvement d'un médecin local, mise en échec par la police qui les a pourchassés, a précisé le ministre. Les écoliers sont âgés de 8 à 12 ans.

Le gouvernement de la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), où est situé le village, "est en train de négocier avec les assaillants et nous espérons que la crise sera résolue pacifiquement", a assuré M. Nawaz.

Les preneurs d'otages avaient enlevé un médecin mais la police les avait pourchassés et, au cours d'une fusillade, un des assaillants a été tué, a expliqué à l'AFP un officier de la police locale, Shakirullah (un seul nom).

Un policier a été blessé dans l'échange de coups de feu et le médecin a réussi à prendre la fuite, a-t-il précisé.

Les preneurs d'otages disposent de "plusieurs types d'armes, dont des lance-roquettes et des grenades", a affirmé à l'AFP le chef de la police du district, Dar Ali Khattak. "Les gens du village nous ont dit qu'il y avait plus de 250 élèves, les négociations se poursuivent pour tenter de les faire libérer pacifiquement", a-t-il assuré.

L'armée a lancé, depuis près d'une semaine, une offensive majeure dans un district des zones tribales voisines de cette région et frontalières avec l'Afghanistan. L'opération cible des tribus pakistanaises fondamentalistes, des talibans afghans et des combattants étrangers du réseau islamiste Al-Qaïda, qui a reconstitué ses forces dans cette zone, selon les Etats-Unis.

En trois semaines, les combats dans les zones tribales ont fait plus de 200 morts chez les insurgés et une vingtaine dans les rangs des militaires, selon les bilans de l'armée. Mais ces chiffres ne sont pas vérifiables de source indépendante dans des zones difficiles d'accès et interdites aux journalistes.

Les affrontements entre l'armée et les insurgés islamistes dans les zones tribales ont redoublé d'intensité ces derniers mois. Ils avaient commencé dès la fin 2001 quand une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis avait chassé les talibans du pouvoir en Afghanistan, ainsi que de nombreux combattants et dirigeants du réseau islamiste Al-Qaïda, qu'ils avaient accueillis.

Des kamikazes proches de ces groupes islamistes ont fait de 2007 l'année la plus meurtrière de l'histoire du Pakistan, plus de 800 personnes ayant été tuées dans des attentats, des attaques suicide pour la quasi-totalité.

Depuis le début de 2008, une cinquantaine de personnes ont déjà péri dans cinq attentats.

L'offensive des derniers jours vise des zones habitées par la tribu des Mehsud, obéissant au chef Baïtullah Mehsud, considéré par Islamabad et les Etats-Unis comme l'un des principaux commandants d'Al-Qaïda au Pakistan, et accusé d'être à l'origine de la plupart des attentats suicide récents, notamment celui qui a tué l'opposante Benazir Bhutto le 22 décembre.

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