UE - Serbie

Un rapprochement avec la Serbie divise

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La coopération de la Serbie avec le TPIY pourrait permettre à l'UE de signer un accord de rapprochement. Les Pays-Bas, où siège le tribunal, continuent cependant à affirmer que la condition de "pleine coopération" n'est toujours pas remplie.

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La Serbie est "proche d'une pleine coopération" avec le Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie, ce qui devrait permettre à l'UE de signer "rapidement" avec elle un accord de rapprochement, a indiqué lundi le commissaire à l'Elargissement Olli Rehn.

"La Serbie est aujourd'hui proche d'une pleine coopération avec le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie", a estimé le commissaire européen à son arrivée à une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.

"Cela va faciliter la signature rapide de l'accord d'association" UE-Serbie, première étape vers une adhésion à terme à l'Union européenne.

Jusqu'à tout récemment, les 27 ministres exigeaient une "pleine coopération" du gouvernement serbe avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie pour aboutir à cet accord, dont la signature requiert l'unanimité des pays membres.

Aujourd'hui, la quasi-totalité des pays membres sont cependant d'avis que l'accord doit être signé, afin d'aider le président serbe sortant, le pro-européen Boris Tadic, à l'emporter lors du second tour de la présidentielle serbe dimanche prochain, face à l'ultranationaliste Tomislav Nikolic.

Seuls les Pays-Bas, où siège le tribunal, continuent à affirmer que la condition de "pleine coopération" n'est toujours pas remplie.

Les Pays-Bas ne "signeront pas d'accord" de rapprochement UE-Serbie "tant qu'il n'y aura pas pleine coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie", a encore répété lundi à son arrivée le ministre néerlandais aux Affaires européennes, Frans Timmermans.

Les Pays-Bas ont toujours estimé qu'il n'y aurait "pleine coopération" que lorsque l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic - inculpé de génocide pour le massacre de Srebrenica en 1995 et caché quelque part en Serbie - serait "dans l'avion pour La Haye".

M. Rehn a indiqué que pour convaincre les Néerlandais, l'Union européenne pourrait décider, après avoir signé l'accord avec la Serbie, de conditionner sa ratification par les pays membres à une pleine coopération avec le tribunal. Ainsi le Parlement néerlandais pourrait toujours retarder sa ratification s'il estime que cette condition n'est pas remplie.

"Je pourrais être favorable à la signature de l'accord d'association tout en maintenant les conditions de coopération avec le tribunal pour la ratification et toute étape ultérieure" du rapprochement vers l'UE, a-t-il indiqué.

"L'enjeu est de taille aujourd'hui en Serbie", a expliqué M. Rehn, qui avait jusqu'ici toujours résisté à un assouplissement de la condition européenne de "pleine coopération".

"Le peuple serbe doit choisir entre son avenir européen et son passé nationaliste, et nous devons aujourd'hui envoyer un signal fort en faveur de l'avenir européen en décidant de signer rapidement l'accord d'association", a-t-il dit.

Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana a lui aussi plaidé pour une signature rapide de l'accord.

"Nous ne sommes pas en position d'intervenir sur le processus électoral, mais ce que nous pouvons faire c'est montrer à tous que l'Union européenne est décidée à ce que la Serbie se rapproche le plus possible de l'UE. Je suis plus que favorable à la signature de l'accord d'association", a-t-il déclaré.

Les ministres devaient avoir une longue discussion sur le sujet lors d'un déjeuner lundi à Bruxelles.

Si les Néerlandais étaient finalement d'accord pour le signer, la signature pourrait intervenir dès lundi soir, lors d'une visite prévue de longue date du ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic.

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