Accéder au contenu principal
BIRMANIE - JUNTE

Les discussions ne satisfont pas Aung San Suu Kyi

4 min

Aung San Suu Kyi, la dirigeante de l'opposition birmane, a manifesté son insatisfaction après une série infructueuse d'entretiens menée au cours des trois derniers mois avec le régime militaire.

Publicité

La dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a déclaré mercredi qu'elle n'était "pas satisfaite" de ses discussions avec le régime militaire, qui ont produit peu de résultats depuis plus de trois mois, a indiqué un porte-parole de son parti après une rencontre avec elle.

"Mme Aung San Suu Kyi n'est pas satisfaite de ses rencontres avec le ministre (de la junte chargé de nouer des relations avec elle), principalement parce qu'il n'y a pas de calendrier" dans ce processus, a dit à la presse Nyan Win, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Mme Suu Kyi, 62 ans, lauréate du Prix Nobel de la Paix, a été assignée à résidence pendant la majeure partie des 18 dernières années.

Mercredi, elle a été autorisée à quitter sa maison pour rencontrer pendant environ 90 minutes dans un bâtiment gouvernemental huit cadres de son parti: les sept membres du Comité central exécutif de la LND et le porte-parole Nyan Win.

Elle a eu également ce même jour un nouvel entretien de 45 minutes avec le ministre du Travail Aung Kyi, chargé depuis octobre de nouer des relations avec elle après la répression par le régime d'un mouvement de protestation populaire conduit par des moines bouddhistes.

Au total, l'opposante a rencontré Aung Kyi à cinq reprises depuis la fin octobre mais aucun résultat n'a été annoncé. De même, la date de leur prochain entretien n'a pas été fixée, selon le porte-parole de la LND.

Nyan Win a lu une déclaration de Mme Suu Kyi qui a dit à ses partisans qu'elle chérissait leurs sacrifices.

"Je chéris toujours les efforts des membres de la LND. Je vous demande de rester unis en tant que parti", a-t-elle dit.

La dirigeante de la LND a également cité son père, le héros de l'indépendance Aung San, déclarant aux Birmans: "Espérez le meilleur et préparez vous au pire".

"Nous devons être patients, alors que nous avons fait des sacrifices pendant de nombreuses années", a-t-elle rappelé.

"Je ne veux pas donner de faux espoirs à la population. J'en dirai plus au moment approprié", a dit Mme Suu Kyi, ajoutant: "Jusqu'ici, nous n'avons reçu aucun message clair du gouvernement".

La Birmanie a été gouvernée par des généraux depuis 1962.

Aung San Suu Kyi a renouvelé son appel à des discussions tripartites entre l'armée au pouvoir, la LND et les multiples groupes ethniques composant la Birmanie.

"Les minorités ethniques devraient participer", a-t-elle dit.

Pour la première fois depuis le début de ses entretiens avec un ministre il y a plus de trois mois, Mme Suu Kyi a évoqué la "feuille de route" défendue par le régime pour parvenir à la démocratie, "feuille de route" qualifiée de "trompe-l'oeil" en Occident.

"La feuille de route en sept étapes mise en oeuvre par le gouvernement devrait être moins discriminatoire et inclure toutes les parties", a-t-elle affirmé.

La première étape de cette "feuille de route" a été une Convention Nationale qui a adopté en septembre dernier les grandes lignes d'une nouvelle Constitution, après plus d'une décennie de travaux. La LND avait boycotté les pourparlers pour protester contre la détention de sa dirigeante.

La junte affirme que la "feuille de route" aboutira à des élections, après l'approbation de la Constitution par voie de référendum. Aucun calendrier n'a cependant été fixé.

Depuis la répression de septembre en Birmanie, le régime des généraux a soufflé le chaud et le froid, autorisant la venue à deux reprises d'un médiateur de l'ONU pour favoriser un dialogue avec l'opposition, tout en poursuivant les arrestations de dissidents et en resserrant les contrôles sur la population.

Le médiateur de l'ONU, Ibrahim Gambari, cherche depuis décembre à retourner dans le pays mais les autorités lui ont fait savoir qu'elles ne pourraient pas le recevoir avant la deuxième moitié d'avril.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.