ISRAEL - LIBAN

Guerre du Liban : Olmert mis à l'épreuve

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Ehud Olmert retient son souffle avant la publication d'un rapport sur la guerre au Liban portant notamment sur la décision du Premier ministre israélien de déclencher une offensive terrestre au Sud Liban à l'été 2006.

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La classe politique israélienne, Ehud Olmert en tête, retenait son souffle mardi à la veille de la publication d'un rapport sévère sur la gestion de la guerre de 34 jours au Liban à l'été 2006.

 

La Commission d'enquête gouvernementale du juge à la retraite Eliahou Winograd doit remettre mercredi après-midi ce texte au Premier ministre.

Il porte plus particulièrement sur la décision controversée de M. Olmert de déclencher une offensive terrestre dans le sud du Liban, qui a coûté la vie à 33 militaires israéliens, 60 heures seulement avant un accord de trêve conclu sous l'égide de l'ONU, entré en vigueur le 14 août à 05H00 GMT.

En tout, le conflit a tué plus de 1.200 Libanais, civils pour la plupart, et 160 Israéliens, en majorité des militaires.

Dans son rapport intérimaire en avril 2007, la Commission avait déjà sévèrement mis en cause M. Olmert, son ministre de la Défense de l'époque Amir Peretz, et l'ex-chef d'état-major, le général Dan Halutz.

Ces deux derniers ont remis leur démission, tandis que M. Olmert, qui bat des records d'impopularité, s'accroche toujours au pouvoir.

Selon un sondage rendu public mardi soir par la chaîne de télévision privée "10", 58% des Israéliens estiment que M. Olmert devrait démissionner si le rapport est "très sévère" à son encontre alors que 23% pensent que le Premier ministre devrait rester en poste quelque soient les conclusions du rapport.

Un deuxième sondage de la radio publique indique que 51% des Israéliens prévoient que le Premier ministre parviendra à rester à son poste alors que 39,4% estiment qu'il devra démissionner.

Selon des fuites de presse, la Commission Winograd devrait sérieusement épingler la haute hiérarchie de l'armée. Elle ne prononcera toutefois pas de recommandations personnelles, car la Cour suprême le lui a interdit étant donné qu'elle n'a pas adressé de lettres d'avertissement aux témoins entendus.

Le secrétaire général du parti travailliste, Eytan Cabel, a invoqué "l'éthique politique" pour l'appeler mardi à "montrer l'exemple en assumant ses responsabilités (...) Rien ne justifie qu'il reste aux commandes".

M. Cabel presse aussi le chef du parti travailliste, le ministre de la Défense, Ehud Barak, de rallier l'opposition, mais ce dernier fait planer le suspens sur la façon dont il entend réagir au rapport Winograd.

Privée des 19 élus travaillistes, la coalition gouvernementale de 67 députés sur 120 s'écroulerait. Des élections anticipées ne peuvent être organisées que si la Knesset prononce sa dissolution par un vote majoritaire, la législature s'achevant normalement en novembre 2010.

Pour l'heure, cette perspective ne séduit aucun des partis de la majorité, car les sondages prédisent unanimement une victoire sans faille de Benjamin Netanyahu, le chef du Likoud (droite).

Si toutefois, M. Olmert devait malgré tout démissionner en raison de multiples pressions, le président israélien Shimon Peres serait alors contraint de confier la charge de former une nouvelle majorité au chef de parti le mieux placé pour cela.

Dans ce cas de figure, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, pourrait succéder à la direction du parti centriste Kadima de M. Olmert et tenter de former le gouvernement.

Mais, M. Olmert a par avance indiqué qu'il entend se maintenir au pouvoir. "Vous pouvez être sereins, car nous avons encore de longues années au pouvoir devant nous", a-t-il assuré lundi à ses camarades de parti.

Il a reçu mardi la bénédiction du rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux orthodoxe Shass, autre pilier de sa coalition, qui l'a appelé pour lui exprimer son soutien.

 

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