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KENYA

Un 2ème député tué, les pourparlers ajournés

4 min

Le meurtre d'un 2ème député de l'opposition a attisé la colère dans l'ouest du Kenya. Les pourparlers entamés pour trouver une issue à la crise ont du être ajournés. (Correspondant : F. de Roubaix)

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Le meurtre d'un deuxième député de l'opposition kényane, jeudi par un policier, a déclenché des manifestations de colère dans l'ouest du pays et entraîné l'ajournement des pourparlers entamés dans la matinée pour trouver une solution à la crise qui ensanglante le pays.

Depuis Addis Abeba, où il participe du 10ème sommet de l'Union africaine (UA), le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé qu'il se rendrait vendredi à Nairobi pour rencontrer le chef de l'opposition Raila Odinga, après s'être entretenu avec le président Mwai Kibaki dans la capitale éthiopienne.

Le député David Kimutai Too a été tué par balles jeudi par un policier dans une banlieue de la ville d'Eldoret, alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans un hôtel en compagnie d'une femme, également policière, a indiqué la police kényane.

La femme, aussi la cible des tirs, a succombé à ses blessures, selon une source policière.

Les enquêteurs de la police privilégient la piste du "crime passionnel". Un officier de police avait indiqué plus tôt que le policier qui a tiré sur le couple était probablement le petit ami de la femme.

L'homme a été arrêté et doit être inculpé pour meurtre vendredi par un tribunal, selon la police.

Tout comme Melitus Mugabe Were, tué à Nairobi dans la nuit de lundi à mardi, M. Kimutai Too était député du Mouvement démocratique orange (ODM), le parti de M. Odinga.

Il avait été élu pour la première fois député dans la circonscription d'Ainamoi, dans le district de Kericho (ouest), au cours des légistatives du 27 décembre, organisées conjointement à la présidentielle.

M. Odinga a déclaré à l'AFP que le meurtre de M. Kimutai Too relevait d'un "complot" pour affaiblir son camp au Parlement.

Après le meurtre de M. Mugabe Were, député de la circonscription d'Embakasi (Nairobi), M. Odinga avait affirmé que "ses adversaires" politiques, en référence au camp de M. Kibaki, étaient impliqués dans cet "assassinat brutal".

L'annonce de la mort du deuxième député a entraîné jeudi après-midi la suspension des pourparlers entre gouvernement et opposition ouverts le matin même, sous l'égide du médiateur de l'UA Kofi Annan, dans un hôtel de Nairobi.

"Nous avons repoussé la session de cet après-midi et nous travaillerons toute la journée demain, afin que les négociateurs puissent s'occuper d'affaires urgentes et appellent leurs circonscriptions", a déclaré M. Annan à des journalistes.

Chaque camp est représenté par trois députés, mandatés par MM. Kibaki et Odinga pour négocier en leur nom.

Mardi, M. Annan avait estimé possible de résoudre les problèmes fondamentaux de la crise kényane "d'ici à un an" et "les problèmes politiques immédiats (...) d'ici à quatre semaines, voire plus tôt".

M. Odinga, arrivé officiellement deuxième de la présidentielle, accuse le camp de M. Kibaki d'avoir fraudé dans les élections du 27 décembre, dont les résultats sont entachés de graves irrégularités selon de nombreux observateurs.

Depuis l'annonce de la victoire de M. Kibaki, le 30 décembre, des violences à travers le pays ont fait près de 1.000 morts, et de 250.000 à 300.000 personnes déplacées.

La mort du député a déclenché des manifestations de colère dans l'ouest du Kenya, notamment dans les villes d'Eldoret, Kericho et Kisumu.

A Eldoret, des manifestants qui avaient installé des barrages sur la route nationale menant à Nairobi ont été dispersés par des tirs de la police, et plusieurs personnes ont été blessées, selon un correspondant de l'AFP.

La tension était également forte à Kericho, où des maisons ont été incendiées et des tirs sporadiques entendus, selon des témoins.

En outre, la police a tiré des gaz lacrymogènes à Kisumu, fief de l'opposition kényane, pour disperser des dizaines de manifestants qui avaient installé des barrages et lancé des pierres contre un commissariat de police.

A Naivasha, en revanche, le calme semblait revenir et quelques commerces avaient rouvert, après plusieurs jours de troubles meurtriers.

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