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Les combats au Tchad retardent l'envoi de l'Eufor

L'envoi des troupes européennes de l'Eufor au Tchad, prévu vendredi, a été repoussé en raison de l'instabilité actuelle. Les rebelles se trouvent à 50 km de la capitale. (Récit : C. Dansette)

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Le Tchad a prévenu le Conseil de sécurité des Nations unies qu'il se réservait le
droit de poursuivre en territoire soudanais les rebelles qui se sont rapprochés à une centaine de kilomètres de N'Djamena, ce qui a conduit la force européenne Eufor-Tchad à retarder son déploiement.

 

Chaque camp a livré sa version des affrontements. Le ministre tchadien de l'Intérieur a déclaré que les rebelles avaient été vaincus alors que les insurgés disent poursuivre leur progression après avoir détruit des dizaines de véhicules.

 

"La colonne de mercenaires payés par le Soudan (...) a été complètement mise en fuite (...). La bataille est terminée, c'est fini, nous les traquons", a déclaré le ministre, Ahmad Mahamat Bachir, à Radio France Internationale.

 

Un porte-parole des rebelles, Abderamane Koulamallah, a livré une version différente à RFI, déclarant que les forces gouvernementales s'étaient retirées de Massaguet, une ville située à 80 km au nord de la capitale.

 

Dans la nuit de vendredi à samedi, le président français Nicolas Sarkozy a tenu une réunion avec le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le ministre de la Défense Hervé Morin et avec le chef d'état-major des armées le général Georgelin pour s'entretenir de la situation.

 

La France, liée par un accord de défense bilatéral avec le gouvernement tchadien et qui fournira la moitié des effectifs de l'Eufor, a indiqué que des combats au sol avaient lieu entre Massaguet et Massakory.

 

Paris a renforcé ses positions "pour faire face à toute évolution de la situation" en envoyant sur place une compagnie stationnée à Libreville, a indiqué l'état-major. Ces renforts sont constitués d'environ 150 militaires, équipés de deux avions Transall, a-t-il précisé.

 

ANNULATION DES VOLS D'AIR FRANCE

 

 

Pour l'heure, la mission des soldats français présents sur le terrain reste la même, a précisé le colonel Thierry Burkhard. "Les forces françaises au Tchad fournissent dans la mesure de leur capacité et de leurs possibilités un appui dans les domaines logistiques, de la santé et du renseignement. Pour l'instant, on est sur cette ligne-là", a-t-il dit.

 

De son côté, Air France a annulé vendredi ses vols vers le Tchad et un responsable de la sécurité des Nations unies a déclaré à RFI que le personnel non essentiel déployé au Tchad par l'Onu serait évacué vers le Cameroun.

 

Trois mille sept cents hommes de l'Eufor doivent arriver dans les semaines à venir dans l'est du Tchad, avec pour mission de protéger les populations civiles de cette région qui jouxte le Darfour. Mais l'offensive éclair des insurgés, partis de l'Est avec 300 véhicules, a accru "l'instabilité" sur le terrain, a constaté un porte-parole de l'Eufor.

 

"Pour le moment, nous ne voulons pas exagérer cela, mais oui, un vol de troupes irlandaises hier et deux vols aujourd'hui (vendredi) ont été retardés", a-t-il précisé, en ajoutant que la situation était suivie "heure par heure".

 

"GUERRE OU PAIX"

 

 

Timane Erdimi, dirigeant du Rassemblement des forces pour le changement (RFC), a sommé le président Idriss Déby de négocier en vue d'un partage du pouvoir et menace sinon de lancer une offensive sur N'Djamena. "C'est à M. Déby de choisir entre la guerre et la paix", a-t-il dit à Radio France Internationale.

 

De Bruxelles, le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire Louis Michel a condamné une tentative visant à "s'emparer du pouvoir par la force".

 

A N'Djamena, la plupart des habitants sont restés chez eux et les rues sont quasiment désertes, à l'exception des patrouilles de l'armée qui les sillonnent.

 

Des hélicoptères survolent la ville et quelques habitants s'aventurent hors de chez eux pour aller se ravitailler. "Je n'ai plus rien à la maison, je sors acheter quelques vivres parce qu'on ne sait jamais, dans ce genre de situation", déclare Hadje Mariam, rencontrée sur le marché local.

 

Le gouvernement tchadien accuse le Soudan d'armer et de soutenir les forces de plusieurs mouvements rebelles unifiés, qui mènent depuis des années une guérilla contre Idriss Déby. L'actuel président s'est lui-même emparé du pouvoir en 1990 en lançant une révolte de l'est du pays.

 

Dans une lettre rendue publique vendredi, la mission du Tchad à l'Onu précise que, "face à l'agression orchestrée et fermement soutenue par le Soudan, le gouvernement tchadien entend utiliser son droit de légitime défense par tous les
moyens à sa disposition, y compris la poursuite des agresseurs en territoire soudanais".

 

Cette lettre au Conseil de sécurité est datée de jeudi.

 

Le gouvernement tchadien "non seulement informe le Conseil de sécurité de cette grave situation qui s'est étendue jusqu'au centre du pays, mais lui demande d'en prendre acte", poursuit la lettre qui dénonce une "violation flagrante des engagements pris par (le Soudan)".

 

Selon des sources militaires gouvernementales, l'armée a mis en place un cordon de sécurité tout autour de N'Djamena. La dernière attaque rebelle dans la capitale remonte à avril 2006. Elle avait fait plusieurs centaines de morts dans les faubourgs et les rues de la ville.

 

Le palais présidentiel à N'Djamena est placé sous haute surveillance, indiquent les habitants. Les réseaux de téléphonie mobile ont été coupés et les ambassades conseillent à leurs ressortissants de rester chez eux et d'éviter les déplacements.

 

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