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Interview exclusive du Premier ministre tchadien

Dans une interview exclusive à FRANCE 24, Kassiré Coumakoye accuse le Soudan d'être à l'origine des troubles à N'Djamena et rejette le cessez-le-feu avancé par les rebelles, qu'il qualifie de "perte de temps".

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(AFP) - La France a apporté mardi un soutien clair au président tchadien Idriss Deby Itno, affirmant qu'elle ferait si nécessaire son "devoir" pour protéger son régime, alors même qu'il semblait contrôler la situation militaire et indiquait vouloir poursuivre les rebelles.

L'inquiétude grandissait par ailleurs sur le sort des habitants de la capitale, où les combats du week-end dernier auraient fait 1.000 blessés et provoqué l'exode de 15.000 à 30.000 personnes vers le Cameroun et près de 3.000 au Nigeria.

Lundi, la France avait indiqué espérer "ne pas avoir à intervenir plus avant" militairement. Mardi, le président Nicolas Sarkozy a été plus ferme, en affirmant que "si la France doit faire son devoir (au Tchad), elle le fera".

Des déclarations consécutives à l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU, lundi, d'une déclaration non contraignante, dans laquelle il appelait "les Etats membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad".

La capitale était calme mardi soir pour la deuxième journée consécutive. "La ville est entièrement sous notre contrôle", avait déclaré dans la matinée à l'AFP le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations de l'Armée nationale tchadienne (ANT).

Mardi, sous la pression diplomatique, la rébellion a indiqué accepter le principe d'un cessez-le-feu, rejeté de manière cinglante par les autorités.

La situation humanitaire monopolise de plus en plus l'attention de la communauté internationale. Les affrontements ont fait au moins un millier de blessés, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). A N'Djamena l'hôpital général "de référence" tente, sans moyens ni électricité, de soigner les blessés, militaires et civils.

Les Tchadiens continuaient d'affluer vers le Cameroun. Une équipe du HCR arrivée lundi soir à Kousseri, petite ville camerounaise située en face de N'Djamena, a estimé "qu'entre 15.000 et 20.000 personnes ont passé la frontière au cours des derniers jours".

De son côté, le CICR a indiqué qu'au moins "30.000 personnes auraient déjà fui", la plupart étant regroupées dans un centre artisanal et une école de Kousseri "dans des conditions de plus en plus précaires".

La Commission européenne, qui craint une "crise humanitaire grave" au Tchad, a annoncé mardi une aide d'urgence de 2 millions d'euros pour les personnes déplacées ces derniers jours par les combats.

Mardi soir, les autorités tchadiennes ont appelé à la télévision les dizaines de milliers d'habitants de N'Djamena qui ont fui les combats à "revenir immédiatement" en l'absence désormais de "menace".

"Nous demandons à nos compatriotes qui ont été inquiétés et obligés de quitter la capitale de revenir immédiatement", a déclaré à la télévision nationale le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations de l'Armée nationale tchadienne (ANT), marquant ainsi la reprise des programmes interrompus depuis samedi.

Par ailleurs quelque 1.182 ressortissants étrangers ont été évacués du Tchad vers Libreville depuis le début de l'opération samedi, a indiqué mardi à l'AFP l'état-major des armées françaises.

L'ambassade saoudienne au Tchad a évacué tout son personnel à la suite de la mort de l'épouse et de la fille d'un employé lors de combats à N'Djamena.

Après l'ONU, la France, et les Etats-Unis, la Russie a elle aussi condamné le raid rebelle.

Mardi, les membres d'une force de 3.700 hommes de l'Union européenne, l'Eufor, destinée à la protection des réfugiés du Darfour et de déplacés des pays voisins, ont décidé de maintenir la suspension du déploiement, décidée vendredi, à l'issue d'une réunion des ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne.

Présenté comme une agression inspirée par le régime soudanais, le raid des rebelles illustre, selon les analystes, la volonté de contrôle des ressources pétrolières. La production nationale quoique limitée représente une véritable manne pour ce pays parmi les plus pauvres d'Afrique.
 

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