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BANLIEUE

Un plan pour relancer les banlieues françaises

4 min

Nicolas Sarkozy présente jeudi son très attendu plan "Espoir banlieue", une de ses principales promesses faite aux électeurs lors de sa campagne présidentielle en 2007. (Récit : R. Ranucci)

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PARIS, 7 février (Reuters) - Trente ans après les premières
émeutes, le plan pour les banlieues suscite de fortes attentes
et des interrogations sur la capacité du gouvernement à réussir
là où ses prédécesseurs ont échoué.


Pas moins de dix-neuf ministres de la Ville se sont penchés
sur ce malaise français en 17 ans, sans parvenir à enrayer la
violence et le phénomène de ghettoïsation qui, de l'avis des
experts, s'accroît.


La secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, Fadela
Amara, devait initialement dévoiler son projet le 22 janvier et
n'en a présenté finalement ce jour-là que les grandes
orientations, laissant au président Nicolas Sarkozy le soin de
faire lui-même l'annonce générale, vendredi.


"Nous n'avons pas le droit à l'erreur. Le plan banlieue,
cette fois doit être le bon. Jusqu'à présent, il y a eu beaucoup
de plans et beaucoup d'esbroufe", souligne Rachid Kaci,
conseiller de Nicolas Sarkozy sur les questions de diversité.


"Les enjeux sont connus, ils connaissent les erreurs du
passé, donc il n'y a pas lieu de s'inquièter", dit-il à Reuters,
soulignant le risque de "faire naître des frustrations" en cas
de nouvel échec.


Un récent rapport de la Cour des comptes dresse un tableau
accablant de la gestion des fonds attribués par l'Etat aux
banlieues depuis cinq ans.


Les "sages" épinglent dysfonctionnements, retards de
paiements aux associations, enchevêtrement et lourdeur des
dispositifs, inconstance des politiques successives ou encore le
désengagement de l'Etat avant les émeutes.


TURBULENCES


Fadela Amara a choisi la banlieue symbolique de
Vaulx-en-Velin (Rhône), point de départ de plusieurs vagues de
violences, pour débattre des grandes orientations de son plan
lors d'un forum avec les associations.


Mais la secrétaire d'Etat, qui comptait initialement sur la
présence de Nicolas Sarkozy, a affronté des turbulences.


Le chef de l'Etat a donné l'impression de reprendre le
dossier en main en indiquant le 10 janvier qu'il repoussait au
début du mois de février ses décisions définitives.


En outre, la ministre du Logement et de la Ville, Christine
Boutin, a paru se démarquer de sa secrétaire d'Etat en affirmant
ne pas croire à l'efficacité d'un nouveau plan pour les
banlieues, mais en une autre politique de la ville.


"Je crois en la réponse d'une politique beaucoup plus
globale d'une nouvelle politique de la ville", a-t-elle dit dans
un entretien publié le mois dernier dans le quotidien La Croix.


Christine Boutin a cependant assuré que Fadela Amara, qui
avait déjà souhaité l'implication de tous les ministres
concernés, partageait son analyse.


Auparavant, la fondatrice de "Ni putes, ni soumises" s'était
attirée les critiques d'associations en mettant en avant le
désoeuvrement des jeunes des cités et en parlant de "plan
anti-glandouille."


"On se retrouve avec quelqu'un qui nous parle d'ennui, alors
que c'est une des mille conséquences des problèmes des
quartiers", déplorait fin décembre dans Libération Fatima Hani,
secrétaire national de l'association AC le feu.


"VRAI MALAISE"


Certains voient dans le thème du désoeuvrement la marque de
Nicolas Sarkozy, accusé de stigmatiser systématiquement les
"voyous" des banlieues et de récuser les problèmes sociaux.


"Le président de la République n'a jamais nié qu'il y a des
problèmes sociaux dans les quartiers", rétorque Rachid Kaci.


"Ce qu'il a voulu pointer du doigt, c'est l'attitude d'une
partie d'extrémistes qui sont depuis toujours à l'affût de
manipulations possibles pour déstabiliser la société française",
ajoute-t-il.


Dans le Bondy blog, Rachid Kaci estime que les émeutes de
Villiers-le-Bel, en novembre dernier, sont bien une "révolte
sociale" même si fomentées en sous-main par des "voyous" et
décrit une "situation sociale extrêmement tendue et désastreuse."


"Il y a des gens de la troisième et quatrième générations
qui ne se considèrent pas comme Français, c'est un vrai malaise."


Aux associations doutant que les moyens financiers alloués à
Fadela Amara, en ces temps de disette budgétaire, soient à la
hauteur du plan Marshall promis par Nicolas Sarkozy pendant sa
campagne électorale, le conseiller de l'Elysée rétorque que
l'argent n'est pas tout.


"L'argent existe, mais il faut mieux le déployer. Peindre
des cages d'escalier alors qu'on sait qu'il faut raser n'a pas
de sens", dit cet ancien de la marche des Beurs qui a été
investi pour mener la liste UMP à Nanterre, près de Paris, aux
élections municipales de mars.


"Il faut investir dans l'humain", insiste Rachid Kaci qui
estime qu'il faut "mettre le paquet sur l'éducation et l'école"
et insuffler "la philosophie de l'effort et de la volonté."

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