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Etat d'urgence au Timor oriental

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les tentatives d'assassinat du président et du Premier ministre du Timor oriental. Gravement blessé, le président José Ramos Horta subit plusieurs opérations. (Récit : P. Paccard)

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CANBERRA, 12 février - Le président du Timor
oriental, José Ramos-Horta, se trouvait mardi dans un état
sérieux mais stationnaire dans un hôpital australien, et les
médecins projetaient de l'opérer de nouveau en raison des
blessures par balles dont il a été la victime lundi, a déclaré
un responsable médical.


Ramos-Horta a été grièvement blessé lundi à sa résidence de
Dili lors d'une tentative d'assassinat menée par des soldats
mutinés, et il a été évacué vers Darwin, dans le nord de
l'Australie, où il a été placé dans un coma artificiel et sous
assistance respiratoire.


"Nous allons devoir de nouveau opérer, probablement dans les
prochaines 24 à 36 heures, mais à ce stade l'état est
stationnaire", a dit à la radio australienne Len Notaras, qui
dirige l'hôpital royal de Darwin, ajoutant: "Les blessures dont
souffre le président sont graves".


Ramos-Horta a été placé sous respiration artificielle pour
l'aider à respirer, sa blessure la plus grave consistant en une
blessure par balle au poumon droit.


"Son état est assez bon dans le sens où, s'il devait
respirer par lui-même, il serait en mesure de le faire", a
ajouté Notaras.


Deux cents soldats d'une force de réaction rapide
australienne et des renforts de police doivent arriver ce mardi
à Dili pour prêter main forte au contingent international, qui a
placé la capitale est-timorais sous couvre-feu pour une durée de
48 heures, à la suite du coup de main des mutins, au cours
duquel leur chef, Alfredo Reinado, a été tué.


Un bâtiment de guerre australien est attendu d'autre part au
large des côtes du Timor oriental.


L'ancienne colonie portugaise, restée pendant un quart de
siècle ensuite sous la domination de l'Indonésie, a obtenu sa
pleine indépendance en 2002. Mais les autorités n'ont pas été en
mesure de garantir la stabilité du petit pays. L'armée s'est
divisée selon des lignes de fracture régionales, en 2006, et des
violences entre factions ont fait alors 37 morts et ont conduit
150.000 personnes à fuir leurs zones d'habitation. Un contingent
international a dû intervenir alors pour rétablir un semblant
d'ordre.


L'Australie a 800 militaires au sein de la force de paix
internationale au Timor oriental. La Nouvelle-Zélande, qui
dispose de plus de 200 soldats et policiers au Timor oriental,
vient de placer des forces supplémentaires en état d'alerte.





BUSH CONDAMNE LES ATTENTATS


Le Premier ministre australien Kevin Rudd, qui est attendu
dans la semaine à Dili à la demande du Premier ministre timorais
Xanana Gusmao, a déclaré que la capitale était calme mardi
matin. "Le gouvernement du Timor oriental contrôle fermement la
situation", a-t-il dit à la radio-télévision australienne.


Selon des informations obtenues à Dili, Ramos-Horta a été
pris en embuscade lundi, alors qu'il revenait d'un jogging
matinal, et il souffre de plusieurs blessures par balles, sans
doute trois. Les forces des Nations unies sont accusées par
certains d'avoir laissé le président saigner dans son lit
pendant une heure environ avant que des policiers portugais
arrivent et l'évacuent vers un lieu où il a reçu des soins.


"Je tiens à établir les faits, avant toute chose, et ensuite
nous évaluerons rapidement comment l'on peut, sur le terrain,
gagner en efficacité", a déclaré Rudd.


Xanana Gusmao, lui, est sorti indemne d'une autre attaque.


Cette double tentative d'assassinat a, selon toute
vraisemblance, été coordonnée.


"C'est une grave atteinte à un Etat démocratique", a réagi
Gusmao lors d'une conférence de presse.


Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné lundi
"dans les termes les plus vifs" les attaques lancées par des
militaires rebelles contre Ramos-Horta, et son Premier ministre.


Lors d'une réunion extraordinaire réclamée par l'Afrique du
Sud, les Quinze ont adopté une déclaration formelle invitant le
gouvernement de Dili à traduire en justice "les responsables de
ces actes de haine".


Le président George Bush a condamné lui aussi les tentatives
d'assassinat contre les deux têtes de l'exécutif timorais.


"Je condamne vivement ces violentes agressions. Ceux qui en
sont responsables doivent savoir qu'ils ne peuvent faire échouer
la démocratie au Timor-Leste (Timor oriental), et ils devront
rendre compte de ces actes", a-t-il dit.


Les mobiles des attaques de lundi sont encore mal élucidés.


Reinado avait été inculpé de meurtres commis durant les
violences de 2006. Mais Ramos-Horta l'avait encore rencontré le
mois dernier pour tenter de parvenir à un accord dans le cadre
duquel les rebelles déposeraient les armes en échange de
discussions sur leurs revendications et sur des questions
juridiques, a rapporté le Centre pour le dialogue humanitaire,
un groupe de médiation.


Ces dernières semaines, des mutins regroupés autour
d'Alfredo Reinado ont tiré sur des soldats australiens
patrouillant à Dili.


Ramos-Horta est âgé de 58 ans. Après 20 ans d'exil, il a
regagné le Timor en 1999 et est devenu Premier ministre en 2006,
avant de se faire élire à la présidence en mai dernier.


Il a été lauréat du prix Nobel de la paix en 1996 avec
l'évêque catholique Carlos Belo pour leur lutte non violente en
faveur de l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise
annexée par l'Indonésie en 1975.

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