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CUBA

Un étudiant cubain arrêté pour critique du gouvernement

3 min

Eliecer Avila avait demandé plus de libertés lors d'une réunion dans une université cubaine. Selon une blogueuse cubaine, cette affaire montre le fossé entre les vieux révolutionnaires et les jeunes politiciens.

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Vous pouvez voir la vidéo de son intervention qui a circulé sur le Net, ainsi que le témoignage d'une blogueuse cubaine sur le site des Observateurs de FRANCE 24.


La critique ouverte des problèmes à Cuba, à laquelle a invité Raul Castro, chef de l'Etat par interim, prend de l'ampleur et la nouvelle direction du pays, désignée dans 15 jours, devra compter avec une demande populaire de "changement" de plus en plus impatiente, relèvent les analystes.

Ecartant "les strip-teases politiques comme ceux des ex-socialistes européens", le quotidien officiel Juventud Rebelde a prévenu dimanche que les débats en cours ne conduiront pas "à ce que nous nous écorchions en public".

"Révolution dans la révolution", aux yeux du journal, pour qui les échanges se déroulent dans une ambiance "constructive" afin de trouver des solutions.

Une allusion à peine voilée à une vidéo qui circule depuis des jours à La Havane, montrant des étudiants de l'Université des sciences informatiques (UCI) de la capitale s'interrogeant ouvertement devant le président du Parlement Ricardo Alarcon sur le fonctionnement du régime.

Différences abyssales de revenus dues à la double monnaie --pesos convertibles et pesos cubains--, restrictions draconiennes aux voyages à l'étranger, à l'accès aux hôtels pour touristes, à internet, coupure entre le peuple et des dirigeants à qui il ne peut demander des comptes: la jeunesse étudiante ne mâche plus ses mots et La Havane s'arrache la vidéo en question, qui circule sous le manteau mais librement sur internet.

"Une révolution ne peut avancer sans projet. Nous sommes certains qu'il en existe un, mais ce que aimerions savoir, c'est lequel", lance avec aplomb dans cet enregistrement Eliecer Avila, dirigeant d'une organisation étudiante officielle, qui se déclare comme les autres "révolutionnaire" --autrement dit, fidèle au régime-- et assure vouloir "plus de socialisme".

Une autre vidéo circule, montrant cette fois une réunion particulièrement houleuse entre les employés cubains d'entreprises étrangères ou d'ambassades, qui perçoivent des devises de leur travail, et les autorités du ministère des Finances qui entendent leur faire payer un impôt dessus.

A l'automne dernier, des milliers de réunions se sont tenues dans les entreprises et les quartiers à l'invitation de Raul Castro, au pouvoir depuis la crise de santé de son frère Fidel en juillet 2006. Il avait demandé à ses compatriotes de s'exprimer avec "courage", un voeu comblé au-delà de toute espérance, selon les témoignages recueillis.

Et, tandis que la critique populaire se fait de moins en moins timide, la presse officielle, totalement sous contrôle du parti communiste (PCC, parti unique) commence depuis peu à glisser commentaires et reportages sur les maux du pays, y compris dans la santé et l'éducation, les deux fiertés du régime.

Mardi dernier, Granma, l'organe officiel du PCC, a lancé un appel vigoureux à en finir avec le "mensonge", s'en prenant aux "cadres dont les oreilles semblent ne vouloir entendre que les phrases préfabriquées", telles que "nous travaillons dans cette direction...", "nous remettrons le chantier avant la date prévue", "nous battons des records de production"...

Ces remises en causes interviennent à l'approche de la convocation le 24 février par Raul Castro de la nouvelle Assemblée, élue le 20 janvier, qui doit désigner la nouvelle direction du pays.

Grande inconnue de la rencontre, le sort de Fidel Castro, au pouvoir depuis 1959, qui devra annoncer à cette occasion s'il renonce au non, à 81 ans, à un nouveau mandat de chef de l'Etat en raison de sa santé et s'il confirme son frère Raul comme son héritier.

Ce dernier a d'ores et déjà promis de "grandes décisions" à cette occasion, même si les changements ne se feront que "petit à petit".
  

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