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EXCLUSIF FRANCE 24

Un ancien chef Khmer rouge en "grève de la parole"

2 min

Alors que son procès doit commencer, un ex-responsable des Khmers rouges, Khieu Samphan, accusé de génocide, entame une grève de la parole. Explications de notre envoyé spécial à Phnom Penh, C. Payen.

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L’ancien chef d’Etat Khmer rouge Khieu Samphan, qui devait faire l’objet d’interrogatoires préliminaires à son procès à partir de jeudi, a fait savoir mercredi qu’il entamait une "grève de la parole", selon son avocat. Concrètement, il refusera de répondre aux questions du tribunal international mis en place pour juger les responsables du génocide intervenu au Cambodge dans les années 1970.

 

"Ce n’est pas une bonne nouvelle pour ce procès qui intervient 30 ans après les faits", explique Cyril Payen, envoyé spécial de FRANCE 24 à Phnom Penh, qui a parlé avec Me Jacques Vergès, l’avocat français de Khieu Samphan. L’ancien président invoque des questions de procédures, liées aux lenteurs administratives, observées dans le fonctionnement du tribunal. "L’ensemble des pièces d’accusation n’a pas été traduit dans les langues voulues (cambodgien et français) et l’entourage de Khieu Samphan estime qu’on ne peut pas continuer comme cela", rapporte Cyril Payen.

 

Jacques Vergès a annoncé qu’il quitterait le Cambodge jeudi. Le refus de coopération de l’un des principaux accusés et le départ de son défenseur portent un nouveau coup à la procédure mise en place par l’ONU et déjà frappée de nombreux retards.

 

Deux millions de morts

  

Quelque deux millions de personnes ont trouvé la mort sous le régime des Khmers rouges qui, au nom d'une idéologie inspirée du maoïsme et teintée de nationalisme, a semé la terreur entre 1975 et 1979 au Cambodge, vidant les villes au profit des campagnes, imposant le travail forcé et éliminant systématiquement tout opposant.

  

Khieu Samphan fait partie, avec Nuon Chea, Ieng Sary et Kaing Guek Eav, alias "Douch", des accusés actuellement détenus sur ordre du tribunal, dans l'attente de leur jugement pour des crimes commis pendant cette période.

  

La plupart des suspects sont très âgés, et des responsables de la Cour redoutent qu'ils meurent en détention avant leur procès, dont la date n'a pas encore été fixée.

  

Le tribunal qui doit se pencher sur le génocide au Cambodge s'était mis péniblement en place en juillet 2006 à Phnom Penh, au Cambodge, après une décennie de négociations entre le gouvernement cambodgien et les Nations unies.

  

Dotée d'un budget initial de plus de 56 millions de dollars pour une période de trois ans, la cour commence à faire face à des difficultés financières et a fait savoir récemment qu'elle avait besoin de 114 millions supplémentaires pour pouvoir fonctionner jusqu'en 2011.

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