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PROCES - ETA

Un ancien chef de l'ETA écope de 30 ans de réclusion

3 min

Juan Ibon Fernandez Iradi, ex-chef présumé de l'appareil militaire de l'organisation séparatiste basque ETA, a été condamné à Paris à 30 ans de prison pour avoir tiré sur un gendarme en France en 2001.

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"Susper", ancien chef présumé de l'appareil militaire de l'ETA, auteur d'une évasion rocambolesque en 2002 à Bayonne, a été condamné mercredi par la cour d'assises spéciale de Paris à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tiré sur un gendarme en 2001 dans le sud-ouest de la France.

Juan Ibon Fernandez Iradi, 36 ans, dit "Susper", a vu cette condamnation assortie d'une période de sûreté des deux tiers. La peine est conforme à ce qu'avait requis mardi l'avocat général.

Son complice, Antonio Agustin Figal Arranz, 35 ans, a quant à lui été condamné à dix ans de réclusion criminelle, une peine également assortie d'une période de sûreté des deux tiers.

L'avocat général, Christophe Teissier, avait demandé 12 ans à son encontre.

Soupçonné de plusieurs attentats mortels par la justice espagnole, "Susper" était l'un des hommes les plus recherchés en France et en Espagne lors de son arrestation il y a quatre ans. Madrid a demandé son extradition.

Selon les autorités espagnoles, il a été chef de la cellule de recrutement de l'organisation séparatiste basque, avant d'en devenir le chef militaire.

Arrêté une première fois en décembre 2002, il était parvenu à s'évader du commissariat de police de Bayonne en se faufilant dans une lucarne d'aération. Après une année de cavale, il avait été de nouveau arrêté en décembre 2003, à Mont-de-Marsan (Landes).

La cour a jugé Susper coupable d'avoir braqué un automobiliste en août 2001 pour se faire conduire à Bordeaux, mais surtout d'une "tentative de meurtre" sur un gendarme français, le 28 novembre 2001 à Monein (Pyrénées-Atlantiques).

Lors d'un contrôle, au bord d'un chemin de campagne, Susper, alors accompagné de Figal Arranz, avait tiré à neuf reprises sur l'un des deux gendarmes, avant de prendre la fuite. Le militaire, aujourd'hui âgé de 39 ans, a survécu.

Durant les sept jours d'audience, Susper a reconnu une grande partie des faits. Toutefois, a-t-il redit mercredi, juste avant que la cour ne se retire pour délibérer, "je ne voulais tuer personne, même si je me rends compte qu'il aurait pu mourir".

"Ses actes, ses faits, ses gestes ont été dictés par la panique. Il n'y a pas eu de place pour la raison", avait plaidé son avocate, Me Xantiana Cachenaut.

Une version "totalement irréaliste", qui "ne peut un seul moment être avalisée" par la cour, avait répondu l'avocat général, Christophe Teissier.

Pour lui, "Fernandez Irradi n'a jamais perdu son sang-froid" et, une fois de plus, "a démontré qu'il était prêt à tout" pour échapper à une arrestation.

Il n'y a "sûrement pas (...) de doute sur la volonté homicide", avait-il ajouté, alors que 8 balles ont atteint la victime, dont quatre au niveau du thorax, à 1,50 mètre de distance: "le gendarme n'avait pas la moindre chance de s'en sortir".

Au cours de l'audience, des médecins n'ont d'ailleurs pas manqué de rappeler que la survie du gendarme, très grièvement touché, avait tenu du "miracle".

A l'issue de cinq heures de délibéré, la cour, composée de magistrats professionnels, comme le prévoit la loi en matière de terrorisme, a toutefois décidé d'acquitter Figal Arranz du chef de "complicité de tentative de meurtre".

Me Cachenaut avait argué qu'il avait alors été "totalement passif, parce qu'il avait été dépassé par les événements". Figal Arranz a déjà été condamné à cinq ans de prison par un tribunal correctionnel français pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer un acte terroriste".
 

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