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FRANCE - MEDIAS

Grève bien suivie dans l'audiovisuel public

3 min

Les salariés de Radio France, RFI, France Télévisions et TV5, inquiets pour la "pérennité du service public", observent une grève suivie contre la fin de la publicité dans ce secteur. (Récit : S. Rousseau, H. Meddeb)

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PARIS - Les salariés de l'audiovisuel public ont observé une grève d'une journée mercredi pour protester contre la suppression de la publicité sur les antennes publiques, un mouvement social inédit en plus de 30 ans.


L'appel à l'arrêt de travail lancé par une intersyndicale concernait France Télévisions, Radio France, RFI et TV5.


Cette grève, sans précédent depuis l'éclatement en 1974 de l'ORTF (Office de radiodiffusion télévision française), a été bien suivie, selon les directions des chaînes.


"Mercredi matin, il y avait 38% de grévistes à France 2 et 56% à France 3 avec un mouvement massif dans certaines régions. Ce chiffre devrait augmenter dans l'après-midi", a déclaré une porte-parole.


Le journal télévisé de France 2 de la mi-journée n'a pas été diffusé. Sur France 3, le journal a été remplacé par des reportages des stations régionales.


Les syndicats demandent la "pérennité du service public audiovisuel, de son financement, de son périmètre et le respect
du pluralisme" après l'annonce surprise le 8 janvier, par Nicolas Sarkozy, de la fin de la publicité dans ce secteur.


L'intersyndicale a été reçue mardi à l'Elysée au cabinet du président de la République.


Les représentants des pouvoirs publics ont assuré aux représentants des salariés que l'objectif de cette réforme était le "développement d'un service public de la télévision puissant, centré sur ses missions de service public, financé à la hauteur de cette importante exigence, en préservant l'intégralité de son périmètre", a déclaré David Martinon, porte-parole de l'Elysée.


Pour Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, qui s'exprimait lors du compte rendu du conseil des ministres, "il est hors de question de fragiliser le service public de l'audiovisuel. Le but au contraire c'est de renforcer et de lui permettre de se concentrer sur le sens de sa mission".





"COMPENSÉ EURO PAR EURO"


L'intersyndicale estime néanmoins que la plus grande incertitude demeure "sur le modèle économique et les ressources à trouver."


"La principale annonce est qu'il n'est pas dans les intentions du président de la République d'augmnter la redevance. Or, sans une augmentation progressive de la redevance, il n'y aura pas de financement pérenne", écrit-elle dans un communiqué.


Les 11.000 salariés de France Télévisions se demandent en effet comment sera compensée la disparition de 800 millions d'euros de recettes publicitaires.


La taxation des recettes supplémentaires des chaînes privées et des opérateurs des nouveaux moyens de communication, notamment l'internet, a été évoquée par la presse.


Les syndicats craignent en outre un changement de périmètre de France Télévisions, c'est-à-dire la privatisation d'une ou plusieurs chaînes.


La ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, a tenu à rassurer les salariés de l'audiovisuel public.


"Il ne faut pas qu'ils soient inquiets, on a la volonté de faire ensemble des télévisions publiques de qualité", a-t-elle dit mercredi sur LCI.


Le financement, après la disparition de la publicité, sera assuré, a-t-elle ajouté, "tout sera compensé euro par euro, la télévision publique ne sera pas appauvrie".


Interrogée à la sortie du conseil des ministres, la ministre a répondu à ceux ayant dénoncé la "brutalité" de l'annonce de la réforme et le manque de concertation.


"Quand on veut changer complètement le cadre et faire une réforme très lourde, (...) c'est peut-être une bonne façon (de
faire) plutôt que des réunions préparatoires qui auraient probablement multiplié les obstacles", a dit Christine Albanel.
 

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