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Les Etats-Unis vont abattre un satellite espion incontrôlable

Les Etats-Unis ont décidé d'abattre, avec un missile, un satellite espion devenu incontrôlable et dangereux selon le Pentagone. Mais des spécialistes doutent que cette raison soit la seule.

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Ordonné par le président Bush lui-même, le Pentagone va éliminer un satellite espion américain hors d'usage, avant qu’il n’entre dans l'atmosphère afin, disent les responsables, de prévenir une fuite de gaz toxique provenant de son réservoir de carburant.

 

Dans quelques jours, un bâtiment de la marine américaine naviguant dans le Pacifique, devrait détruire ce satellite de deux tonnes peu avant qu'il atteigne l'atmosphère, au moyen d'un missile tactique modifié. La fenêtre de tir restera ouverte une semaine afin de faire une nouvelle tentative au cas où la première échouerait.

 

Selon James Jeffries, conseiller adjoint à la sécurité nationale des Etats-Unis, le satellite encore porteur de près de 500 kilos d'un carburant toxique appelé hydrazine, pourrait "en descendant vers la surface terrestre, répandre une grande partie de son carburant, l'hydrazine, sous forme de gaz toxique". Cette substance chimique hautement toxique est le carburant de choix pour les moteurs des satellites classiques. Extrêmement irritante, elle attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose.

 

Lors d'un point de presse au Pentagone, il a précisé qu'il était improbable qu'il tombe sur une zone peuplée et que les risques liés au gaz toxique étaient limités. Mais il a ajouté que le risque était suffisant pour que le président s'inquiète.

 


Doutes sur les véritables objectifs des Américains

 

Une explication qui ne suffit pas à l’ancien spationaute français Patrick Baudry. Dans une interview, il a confié à France 24 ne pas bien comprendre ce qui se passe : "Certains satellites peuvent avoir une partie lourde qui ne parvient pas à se consumer en rentrant dans l’atmosphère. Mais ce n’est pas le cas des satellites espions, même s’ils sont en orbite bas, à environ 150 km de la terre."

Un avis partagé par Christophe Bonnal, spécialiste des débris spaciaux au CNES. "On ne comprend pas bien cette décision. Le satellite n'est pas très gros. Toutes les semaines en moyenne, un objet de cette taille rentre dans l'atmosphère. Le risque qu'il représente n'est certes pas nul mais extrêmement faible". Concernant le carburant toxique, le spécialiste ajoute que "la probabilité qu'il survive à la rentrée [dans l'atmosphère] est nulle."

La raison officielle de ce tir pourrait donc cacher une toute autre motivation.
 

Pour Bernard Bombeau, chef de la rubrique "Défense" de l’hebdomadaire Air & Cosmos, la démonstration répondrait à deux enjeux. Il s’agirait d’abord de "montrer aux Chinois", qui avaient eux-mêmes procédé à un test d'arme anti-satellite en janvier 2007 sur un satellite météo obsolète, "que les capacités militaires américaines sont aussi performantes". D’un point de vue géostratégique, ensuite "les Américains veulent réaffirmer leur liberté d’action et de manœuvre dans l’espace face aux Russes et aux Chinois".

 

Il y a trois jours seulement, les deux pays se sont en effet associés officiellement, une première, pour proposer un traité sur "le non-déploiement des armes dans l'espace et le non-emploi de la force contre les objets cosmiques", dans le cadre de la conférence annuelle du désarmement qui se tenait à Genève. Selon Bernard Bombeau, cette proposition n’a "aucune chance d’aboutir", mais témoigne d’une coopération russo-chinoise stratégique accrue face à laquelle les Américains veulent asseoir leur supériorité.

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