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Plus de moyens contre l'immigration illégale

Pour lutter contre l'immigration illégale, les citoyens des pays tiers qui entrent ou sortent de l'Union européenne devraient être bientôt répertoriés dans un registre électronique. (Récit : L. Dupont)

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L'Union européenne devrait nettement renforcer ses contrôles aux frontières d'ici quelques années en demandant à ses visiteurs leurs empreintes digitales, la forme et la couleur de leur iris et nombre d'autres données avant de les autoriser à entrer.

"Il faut faciliter le séjour des visiteurs étrangers honnêtes, tout en empêchant les terroristes et les immigrants illégaux d'entrer dans l'UE", a affirmé mercredi devant la presse à Bruxelles Franco Frattini, commissaire en charge de la justice et de la sécurité, en présentant son "projet frontières".

La Commission recommande la création d'un registre centralisé des entrées et des sorties des ressortissants non communautaires dans l'espace Schengen et la mise en place d'une autorisation de voyage électronique.

"Plus de 8 millions de personnes en situation illégale séjournaient en 2006 sur le territoire de l'Union européenne. Or plus de la moitié d'entre-eux sont arrivés légalement et sont entrés dans l'illégalité à l'expiration de leur titre de séjour", a expliqué M. Frattini.

Deux ressortissants américains ont ainsi été arrêtés cette semaine en République tchèque pour défaut de visas et sont en instance d'expulsion.

La constitution de ce registre dans lequel seront stockées toutes les données fournies par les ressortissants étrangers coûtera 20 millions d'euros, et sa maintenance reviendra à 6 millions d'euros par an.

Les Etats membres devront en outre débourser 35 millions d'euros pour s'équiper afin d'utiliser ce nouvel outil.

"Cet ensemble de mesures permet de garder nos frontières en utilisant les technologies les plus avancées", s'est félicité le commissaire Frattini, donné comme ministrable en Italie en cas de retour au pouvoir de la droite conduite par Silvio Berlusconi.

La généralisation de l'identification biométrique sera la clef de cet arsenal, vanté comme un instrument capital pour la lutte contre le terrorisme, la criminalité et l'immigration clandestine.

Le registre créé pour les autorisations de voyage "intègrera des identifiants biométriques, des photographies, des empreintes et d'autres identifiants", avait-il alors indiqué.

Les passeports biométriques dotés d'un composant électronique contenant des données à caractère personnel, une photographie numérisée du titulaire et la photographie de ses empreintes digitales, seront obligatoires pour les ressortissants de l'UE en 2009.

Plusieurs aéroports, notamment Paris-Charles-de-Gaule en France, Schiphol aux Pays-Bas, Francfort en Allemagne, Lisbonne au Portugal, Heathrow, Gatwick et Birmingham en Grande-Bretagne, expérimentent déjà des systèmes de contrôle biométriques, comme le scanner de l'iris.

Le projet de ficher tous les visiteurs se présentant aux entrées terrestres, aériennes ou maritimes de l'espace européen sans frontières doit encore être approuvé par les Etats membres et le Parlement européen. M. Frattini espère que ce projet pourra être opérationnel en 2015.

Les eurodéputés redoutent des atteintes aux libertés civiles. Ils s'étaient déjà montrés très mécontents des concessions faites aux Américains dans l'accord encadrant les transferts de données des passagers aériens conclu fin juin 2007.

Franco Frattini avait dévoilé son projet lors d'une réunion des ministres de l'Interieur et de la Justice de l'Union européenne en Slovénie.

Les ministres de l'Intérieur, notamment la Française Michèle Alliot-Marie, s'étaient alors dits assez favorables à ces nouvelles mesures. La France a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une des priorités de son semestre de présidence de l'Union européenne.

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