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L'intégrité de McCain mise en cause

Un article du New York Times met en cause l'intégrité du républicain John McCain, dont la popularité repose en grande partie sur son image de droiture morale. (Récit : M. Gaudin)

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La campagne présidentielle américaine a été secouée jeudi par des allégations de presse mettant en cause l'intégrité du républicain John McCain, dont la popularité repose très largement sur son image de rectitude morale.

John McCain, quasiment assuré de remporter l'investiture du parti présidentiel pour l'élection de novembre, a affronté les journalistes durant une étape de campagne dans l'Ohio (nord) pour se dire "déçu" par un article "pas vrai" du New York Times, insinuant qu'il aurait eu des relations non professionnelles avec une jeune lobbyiste.

La veille, sa directrice de communication avait reproché au quotidien de s'abaisser à une "campagne calomnieuse". "Les Américains en ont marre de cette politique de caniveau", avait-elle ajouté.

L'article du New York Times, immédiatement exploité par le parti démocrate et repris par l'ensemble des médias, met en cause les relations en 1999-2000 de M. McCain, 71 ans aujourd'hui, avec la lobbyiste Vicki Iseman, 40 ans aujourd'hui, chargée de défendre les intérêts de sociétés de communication en relation avec une commission sénatoriale qu'il présidait alors.

"Je suis très déçu par l'article du New York Times, ce n'est pas vrai", a dit M. McCain, épaulé par sa femme Cindy, 54 ans.

M. McCain a également précisé qu'il n'avait jamais rendu de services indus à des clients de Mme Iseman lors qu'il était président de la commission du Commerce du Sénat. "A aucun moment je n'ai fait quoi que ce soit qui trahirait la confiance du public", a-t-il affirmé.

L'article en Une du New York Times, dont les accusations reposent largement sur des sources anonymes, est le fruit de plusieurs mois d'enquête. Les clients de Mme Iseman étaient des sociétés de communication en relation avec la commission du Commerce du Sénat, souligne le quotidien. Ses clients auraient participé à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de dollars au financement des campagnes électorales de M. McCain.

En 1999 et début 2000, Mme Iseman faisait de fréquentes apparitions au bureau du sénateur de l'Arizona et à des réunions de campagnes. "Convaincus que cette relation avait pris un tour amoureux, certains hauts conseillers (de M. McCain) sont intervenus pour le protéger", écrit le New York Times. Deux d'entre eux auraient confronté le sénateur à plusieurs reprises, et M. McCain aurait reconnu s'être mal conduit.

Le directeur de publication du New York Times a maintenu jeudi la validité de son article, "qui parle de lui-même" et dont "les faits ont été vérifiés".

"Pour McCain, la confiance en soi sur les questions d'éthique pose des risques", a titré le quotidien.

De fait, M. McCain a fait de son engagement pour la transparence et l'éthique le socle de son positionnement politique.

Echaudé par son implication dans un scandale sur un organisme de crédit dans les années 1980, il est devenu un croisé de la lutte contre l'influence de l'argent en politique. Il est le co-auteur d'une loi de 2000 sur le financement des campagnes électorales qui lui vaut encore le ressentiment tenace de groupes de pression conservateurs.

Paradoxalement, plusieurs commentateurs soulignaient que McCain pourrait sortir gagnant de cette affaire, susceptible de lui attirer la sympathie d'une droite qui honnit le New York Times considéré comme un bastion de la gauche bien-pensante - et qui l'avait officiellement soutenu le mois dernier.

"Cela rappelle aux (conservateurs) que McCain est l'un des leurs, à la différence du New York Times", a expliqué sur CNN Bill Bennett, commentateur conservateur qui fut secrétaire à l'Education de Ronald Reagan.

Son rival Mike Huckabee, ex-gouverneur baptiste de l'Arkansas, a pris acte du démenti de M. McCain. "Je ne le connais que comme un homme intègre", a-t-il dit, selon la chaîne de télévision MSNBC.

 

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