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TURQUIE - IRAK

L'Irak appelle la Turquie à retirer ses troupes

4 min

L'Irak a demandé à la Turquie de retirer "au plus vite" ses troupes du nord du Kurdistan irakien, affirmant qu'elles constituent une menace pour sa "souveraineté" et la "stabilité de la région".

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L'Irak a réclamé dimanche à la Turquie un arrêt "au plus vite" de son offensive dans le nord du pays, affirmant qu'elle "menace (sa) souveraineté", alors que l'armée d'Ankara a appelé les Kurdes irakiens à ne pas protéger les rebelles du PKK pourchassés par ses troupes.

Sur le terrain, les combats se sont intensifiés et ont fait plus d'une centaine de morts chez les rebelles depuis le début de l'opération jeudi, selon un bilan de l'état-major turc qui fait état de 15 morts parmi ses soldats.

Tout en assurant comprendre les "préoccupations légitimes" de la Turquie, le gouvernement irakien a appelé Ankara "à retirer ses troupes du sol irakien au plus vite", estimant que "l'opération est une menace pour la souveraineté de l'Irak" ainsi que pour "la sécurité et la stabilité de la région".

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a assuré de son côté que le seul objectif de l'opération était le Parti des travailleurs du Kurdistan. "Il s'agit d'une opération de nettoyage contre les camps des terroristes, rien de plus", a-t-il déclaré.

Les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) retranchés dans le nord de l'Irak "essaient de fuir vers le sud dans la panique", a affirmé l'état-major de l'armée turque.

"Il est attendu des groupes locaux irakiens qu'ils empêchent les membres de l'organisation terroriste du PKK - le principal ennemi de la paix et de la stabilité régionales - d'entrer dans leur région et de s'y voir offrir une protection", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les combats dans les montagnes du nord de l'Irak ont fait dimanche 33 morts du côté du PKK et huit du côté de l'armée, selon l'état-major turc, ce qui porte le bilan des pertes depuis le début de l'offensive à 112 pour les rebelles et à 15 pour les troupes turques.

Les rebelles tués dans les bombardements ne figurent pas dans le décompte, a précisé l'état-major, qui indique qu'un de ses hélicoptères a été "détruit dans une zone proche de la frontière pour une raison inconnue".

Le PKK avait auparavant annoncé avoir abattu un hélicoptère turc samedi, près de la ville irakienne d'Amadiyah. Les rebelles ont pour leur part fourni un bilan de 47 soldats et trois rebelles tués, selon l'agence de presse Firat News, considérée comme leur porte-parole.

Des membres des "peshmerga", les forces armées kurdes du nord de l'Irak, ont déclaré avoir entendu des explosions et des tirs dans la région d'Hakurk, un bastion du PKK à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque, et avoir vu des hélicoptères déposer des troupes dans cette zone.

Un correspondant de l'AFP a vu passer plus d'une dizaine d'avions de chasse se dirigeant dans cette direction.

L'artillerie turque a pilonné pendant une heure plusieurs objectifs en territoire irakien depuis la localité turque de Cukurca, selon les peshmerga. Firat News a fait état de raids aériens et de combats dans la zone de Zap.

Le chef de l'aile militaire du PKK, Bahoz Erdal, a appelé les jeunes Kurdes de Turquie à des actions violentes en représailles à l'offensive. "S'ils (l'Etat turc) veulent nous détruire, nos jeunes doivent rendre la vie dans les grandes métropoles insupportable (...). Les jeunes Kurdes doivent se réunir par groupes de deux pour brûler chaque soir des centaines de voitures", a-t-il déclaré.

Le Komalen Ciwan, décrit par Firat News comme une organisation de jeunesse du PKK, a pour sa part appelé à une propagation des actes de violence en Europe et dans d'autres pays dotés d'importantes minorités kurdes.

Erdal a également accusé les Etats-Unis de jouer un rôle actif dans l'offensive turque. Les Etats-Unis, qui, comme l'Union européenne, considèrent le PKK comme un groupe terroriste, fournissent à la Turquie depuis plusieurs mois des renseignements en temps réel sur les mouvements des rebelles en Irak.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, qui doit se rendre à Ankara la semaine prochaine, a appelé la Turquie à trouver des réponses autres que militaires pour résoudre le problème kurde.

"Les mesures économiques et politiques sont réellement importantes car, passé un certain seuil, les gens deviennent insensibles aux attaques militaires", a-t-il estimé.
 

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