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SALON DE L'AGRICULTURE

La phrase de trop de Sarkozy ?

3 min

Une vidéo sur internet montre le président Nicolas Sarkozy, en visite au Salon de l'Agriculture à Paris, échanger des propos musclés avec un visiteur qui avait refusé de lui serrer la main.

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Incident au salon de l'Agriculture, débat autour de la rétention de sûreté: Nicolas Sarkozy est accusé par ses opposants de mettre en cause la fonction présidentielle, tant par son style que sa pratique institutionnelle.

Adepte de la rupture permanente, le chef de l'Etat continue à apposer sa griffe, dans le ton et sur le fond, dans sa façon de présider la France, malgré une dégringolade dans les sondages, de sombres prévisions pour sa majorité aux municipales et la succession de polémiques.

"Il pourrait être un bon président", mais "il y a malheureusement aujourd'hui le sentiment d'un certain gâchis", a lancé dimanche sur Canal+, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Ce week-end, une nouvelle petite phrase a tourné en boucle sur le net. A un visiteur qui lui lançait samedi au Salon de l'agriculture "touche-moi pas, tu me salis!" le président a renvoyé un "casse-toi alors, pauvre con!" rappelant son échange vigoureux avec un pêcheur en novembre au Guilvinec (Finistère).

L'incident s'est produit après une nouvelle polémique fracassante autour de la rétention de sûreté, alors que la controverse sur ses propos et ceux de sa directrice de cabinet Emmanuelle Mignon sur la religion et la laïcité n'est pas éteinte.

"Coup de force, atteinte à l'Etat de droit, violation de la constitution" :  la décision du président de demander à la Cour de cassation des pistes pour appliquer dès maintenant la rétention de sûreté, contrairement à la décision du Conseil constitutionnel, a enflammé l'opposition.

Le président "n'est plus dans son rôle", a accusé le Premier secrétaire du PS, François Hollande. "Il fait des manquements à ce qui devrait être sa charge".

Il "ne doit pas se comporter comme n'importe quel citoyen", "On ne tombe pas dans le pugilat", s'est indigné le numéro un socialiste.

Un président qui va "vers une foule anonyme, s'exposera inévitablement à des provocations, il le sait et il doit prévoir ce que sera son attitude", observe Robert Badinter (PS).

Nicolas Sarkozy "aime les bains de foule", a relevé Jean-Marie Le Pen (FN). "C'est une faiblesse, car le président est pas là pour être aimé", mais "obéi et respecté".

Plus généralement l'opposition reproche à Nicolas Sarkozy de désacraliser la fonction présidentielle. Pour Aurélie Filippetti (PS), le pouvoir sarkozyste est "anxiogène" et "déstabilisant".

Si une partie de la majorité a mal vécu la médiatisation inédite de sa vie privée et si certains, comme Dominique de Villepin, ont rejoint un appel à la "vigilance républicaine" contre une "dérive vers une forme de pouvoir purement personnel", l'UMP resserre les rangs.

Pour son secrétaire général Patrick Devedjian, l'opposition est de "mauvaise foi": elle reproche à la fois "une dérive monarchique" et un "manque de majesté".

"Le président ne s’abrite pas derrière une soi-disant fonction présidentielle au-dessus des partis", il est "toujours en première ligne" et "donc, prend les coups en première ligne", selon le député UMP.

"J'aime bien son courage, son dynamisme, son non conformisme aussi... Ca change ! C'est une autre conception de la présidence de la République, plus adaptée sans doute à notre époque", a jugé l'ancien Premier ministre Edouard Balladur.

Pour Jean-Pierre Raffarin, autre ex-premier ministre UMP, il faut "protéger" le président. "Ce n'est l'intérêt de personne que Nicolas Sarkozy et sa majorité échouent, même pas de l'opposition", tranche-t-il.

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