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KENYA

Annan suspend les négociations kényanes

3 min

Le médiateur de l'Union africaine (UA) dans la crise au Kenya, Kofi Annan, a décidé de suspendre les négociations, et de s'adresser directement au président Kibaki et à l'opposant Odinga.

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Le médiateur de l'Union africaine dans la crise kényane, Kofi Annan a décidé mardi de négocier directement avec le président Mwai Kibaki et le chef de l'opposition Raila Odinga pour accélérer son dénouement, Washington avertissant que tout nouveau retard serait inexcusable.

A l'issue d'une nouvelle séance de pourparlers avec les négociateurs des deux camps, M. Annan a déclaré qu'il "est important" qu'il "suspende les négociations, non pas comme un acte de désespoir ou d'abandon", mais pour aborder "directement" le sujet avec le président Mwai Kibaki et le chef de l'opposition Raila Odinga.

"Les dirigeants doivent assumer leurs responsabilités et s'engager directement dans ces discussions", a ajouté M. Annan devant la presse.

Des pourparlers sont en cours depuis le 29 janvier sous la médiation de M. Annan pour trouver une solution négociée à la crise post-électorale née de la contestation de la réélection de M. Kibaki par M. Odinga.

Les violences qui ont ensanglanté le pays après le scrutin ont fait au total plus de 1.500 morts, selon la police. Environ 300.000 personnes ont également été déplacées par ces violences, selon la Croix rouge kényane.

Depuis plusieurs jours, les pourparlers se concentraient sur la création d'un poste de Premier ministre, inexistant jusqu'à présent au Kenya et qui devrait revenir au parti de M. Odinga.

L'enjeu des discussions, particulièrement âpres entre les deux camps, tourne autour des prérogatives accordées à ce Premier ministre, dans le cadre d'un accord de partage de pouvoir voulu par la communauté internationale.

"On tournait en rond", a commenté laconiquement M. Annan à propos de ces tractations.

Si les négociateurs sont parvenus à un accord de principe sur la création d'un tel poste, il reste à déterminer son rôle et ses attributions.

En effet, la Constitution ne prévoit aucune prérogative spécifique pour un Premier ministre, le pouvoir exécutif étant concentré dans les mains du chef de l'Etat.

Sans surprise, les deux camps ont rejeté toute responsabilité dans la suspension des pourparlers.

"Nous avions le sentiment d'être mis sous pression, ce qui n'est pas juste dans une négociation", a déclaré Mutula Kilonzo, négociateur du camp présidentiel.

"Le Mouvement démocratique orange (ODM, parti de M. Odinga) n'est pas responsable du blocage des discussions", a assuré de son côté Musalia Mudavadi, négociateur de l'opposition.

Peu avant l'annonce de la suspension des pourparlers, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'était dite "déçue par l'échec" jusque présent des négociations.

"Si certains progrès ont été réalisés, je suis déçue par l'échec des dirigeants à résoudre tous les problèmes restants", a déclaré dans un communiqué Mme Rice, qui avait été dépêchée la semaine dernière au Kenya par le président George W. Bush.

"Il n'y a aucune excuse à un nouveau retard. Il n'y a aucune excuse à la violence et ceux qui en sont responsables doivent rendre des comptes", a prévenu la secrétaire d'Etat.

Vendredi dernier, le parti de M. Odinga avait une nouvelle fois menacé d'organiser des manifestations en cas d'absence de progrès des pourparlers d'ici mercredi.

De son côté, le président en exercice de l'UA, le chef de l'Etat tanzanien Jakaya Kikwete, est arrivé mardi à Nairobi pour une visite de 48 heures destinée à appuyer la médiation de Kofi Annan et lors de laquelle il doit s'entretenir notamment avec MM. Kibaki et Odinga.

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