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La cohue autour de Jacques Chirac

Une cohue s'est formée au Salon de l'agriculture à l'arrivée de l'ancien président Chirac, venu pour une visite. Il a aussitôt été entouré d'une nuée de photographes et abordé par de nombreux badauds.

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"Sarkozy, il est président, oui... mais Chirac, c'était quand même autre chose !", s'exclame, nostalgique, Didier, 63 ans, boucher à la retraite, au passage de l'ancien président de la République au Salon de l'agriculture mardi.

Sa visite ne devait durer que deux petites heures. Le retraité Jacques Chirac, qui connaît par coeur les allées du Salon pour les avoir arpentées pendant des décennies, sera finalement resté plus de 3H30.

Dès son arrivée avec son ancien ministre Christian Jacob, c'est la cohue. Il est accueilli par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Les appareils photos crépitent, les cameramen se bousculent, les badauds se pressent...

"Merci d'être venu, M. le président", entend-on, ainsi que des "Chirac !". Des applaudissements fusent à plusieurs reprises.

"Pour moi, c'est le grand moment de l'année", lance M. Chirac. Teint hâlé, large sourire, il s'arrête aux stands d'éleveurs bovins, s'attardant longuement à celui du Limousin, son ancien fief électoral, et s'émerveillant devant le taureau Volcan, 3 ans et 1.200 kg à la pesée.

"Ah ça, il est très populaire chez les agriculteurs. Il n'y a pas de comparaison avec Sarkozy. Lui, il n'est pas venu nous voir, rien du tout", lance Bernard, éleveur savoyard de Sallanches.

"Chirac est ancré au terrain. Pour nous, il est quasiment irremplaçable", renchérit Gérard, qui n'oubliera "jamais" celui qui fut jadis ministre de l'Agriculture.

"C'est toujours autant la bousculade. C'est une bonne bête, Chirac, il emmène le troupeau...", s'amuse un autre agriculteur.

Claude est venu spécialement de l'Ain le voir. A ses côtés, son petit-neveu, Rémy, 16 ans, est moins enthousiaste : "Chirac, je l'ai reconnu direct, à son crâne. J'aime pas trop Chirac ou Sarkozy, mais tant qu'à faire, je préfère Chirac !".

Malgré des signes de fatigue -il s'appuie de la main gauche, tout au long de sa visite, sur l'épaule de Christian Patria, le patron du Salon- Jacques Chirac est visiblement heureux. Il lance des "bravo", "tous mes voeux" sans oublier de claquer la bise aux jeunes enfants : "Elle est bien jolie, comme sa maman".

Une bière par ci, un verre de lait aromatisé par là, du saucisson, de la fourme d'Ambert, du broyer du Poitou... celui qui était connu pour son appétit d'ogre préfère désormais grignoter.

Jean-Pierre est admiratif : "Quel homme ! Il est très cordial. Actuellement, on est un peu perdus. Un président qui ose insulter quelqu'un, c'est comme insulter toute la France", dit-il en allusion au "casse-toi alors, pauvre con", lancé samedi au Salon par Nicolas Sarkozy à un badaud qui lui avait décoché "touche-moi pas, tu me salis".

Non loin, un pro-Sarkozy enrage : "Notre président, il est très bien aussi. Il faut arrêter de le critiquer".

Pas question pour Jacques Chirac de commenter l'actualité. Il préfère saluer "la qualité du Salon, qui (lui) semble faire un pas de plus vers la perfection".

Tout juste lance-t-il une mise en garde au gouvernement sur la PAC (politique agricole commune) : "La dérégulation, c'est le pire. Nos systèmes peuvent être améliorés le moment venu, en 2014, mais ils doivent être maintenus dans leurs principes".

La fin de sa visite, M. Chirac, passionné de culture africaine, la savoure aux stands du Sénégal, du Mali et de la Côte d'Ivoire où l'accueil est très chaleureux. "Maintenant, c'est Chirac l'Africain", résume un badaud.
 

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