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Cuba, enjeu de la présidentielle aux Etats-Unis ?

En Floride, la diaspora cubaine espère se faire entendre dans la campagne. Barack Obama a évoqué la possibilité de rencontrer les dirigeants cubains s'il est élu président. (Reportage : S. Claudet et N. Ransom)

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Les exilés cubains de Miami, traditionnellement républicains, pourraient être tentés de voter, lors de l'élection présidentielle américaine de novembre, pour le démocrate Barack Obama, favorable à un assouplissement des restrictions de voyages à Cuba.

Dans le cadre d'un durcissement de l'embargo en vigueur contre Cuba, en 2004, le gouvernement de George W. Bush a imposé aux exilés cubains de Floride (sud-est) de ne pouvoir se rendre à Cuba qu'une fois tous les trois ans et de n'envoyer dans l'île que 300 dollars tous les trois mois. Des mesures extrêmement impopulaires contre lesquelles s'élèvent depuis les exilés.

Auparavant, ils pouvaient effectuer une visite par an et envoyer jusqu'à 3.000 dollars.

Depuis plusieurs mois, le candidat démocrate Barack Obama critique ces mesures et a promis de les assouplir s'il devenait président des Etats-Unis.

Lors d'un débat à Austin (Texas, sud) le 21 février, il a aussi affirmé qu'il pourrait rencontrer les dirigeants cubains "sans conditions" même s'il a jugé "très important" qu'ils aient un programme prévoyant la libération des prisonniers politiques et la liberté de la presse.

"Nous devons changer de politique envers Cuba", avait également déclaré à cette occasion son adversaire démocrate Hillary Clinton, hostile quant à elle à tout dialogue avec Cuba tant que ses dirigeants ne s'engageront pas en faveur d'un changement démocratique.

"Je crois que Barack Obama a raison. C'est le moment de démontrer que les Etats-Unis sont différents et qu'ils peuvent aider Cuba à changer peu à peu, bien que je ne sois par certain que cela soit possible avec Raul" Castro, élu dimanche à la tête de l'Etat cubain, en remplacement de son frère Fidel, souligne José V., en Floride depuis cinq ans.

"Ma mère est vieille. Je vais aller la voir cette année car je ne suis pas sûre que dans trois ans elle sera encore là", confie Lidia, infirmière au Jackson Hospital à Miami. "Personne ne devrait avoir à nous dire quand nous pouvons rendre visite à notre famille", déplore-t-elle.

En décembre 2007, un militaire américano-cubain, ayant servi deux fois en Irak, avait demandé au Congrès de lever ces restrictions afin d'aller voir à son retour ses enfants à Cuba. En vain.

Cependant, la position du sénateur Obama diffère de celle des leaders américano-cubains de Floride, républicains, qui restent fermement attachés à l'embargo et au statu quo de la politique américaine vis-à-vis de Cuba.

Mais, au sein des organisations d'exilés, les opinions sont plus favorables au changement: "notre position est qu'il faut mettre fin aux restrictions de voyage et d'envoi de fonds qui affectent directement les familles cubaines", estime ainsi Francisco "Pepe" Hernandez, président de la Fondation cubano-américaine, l'une des plus anciennes organisations d'exilés, et qui a le plus de rapports institutionnels avec le gouvernement américain.

Cependant, M. Hernandez avoue qu'il a "des doutes" sur la concrétisation de la proposition de Barack Obama. "Je ne crois pas que cela se fera avec le gouvernement de Raul Castro, qui est enfermé dans son bunker", dit-il.

En 2006, 72% des Cubains de Miami estimaient que les Etats-Unis devaient dialoguer avec Cuba si un nouveau gouvernement, dans l'île, démontrait son intention d'améliorer les relations entre les deux pays.

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