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Ivan, le cyclone oublié

Le cyclone qui a dévasté Madagascar du 17 au 19 février dernier a fait des dizaines de morts et au moins 150 000 sans-abris. Il est pourtant passé inaperçu dans les médias internationaux.

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Loin des caméras, le bilan du cyclone Ivan qui s’est abattu du 17 au 19 février sur Madagascar ne cesse de s’alourdir. On dénombrait mardi 60 morts et 17 disparus, auxquels il faut ajouter les 13 personnes décédées lors du passage du cyclone Fame fin janvier.

Environ 150 000 personnes sont également sans abri, selon les décomptes provisoires du Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC).

"Les gens ont surtout besoin d’eau potable, d’abris, de tentes et de produits de première nécessité", explique à FRANCE 24 Mbolatina Ramaivonanana, porte-parole de la Croix-Rouge malgache. L’organisation assure l’assainissement des puits, distribue du matériel, assure le suivi médical des sinistrés et continue à participer à l’évaluation des dégâts, qui n’est pas terminée. "Nous n’avons pas les ressources suffisantes", déplore Ramaivonanana.

Handicapés par les routes et ponts coupés et les zones encore inondées, les secours ont dû commencer à travailler par avion et hélicoptère. Un Transall de l’armée française a acheminé dès le 21 février 21 tonnes de matériel pour le compte de la Croix-Rouge depuis l’île de la Réunion.

"On s’organise tant bien que mal", rapporte l'Observateur de FRANCE 24 Avylavitra, informaticien à Antananarive, la capitale. Il héberge cinq membres de sa famille sinistrés et ne sait pas quand ils pourront rentrer chez eux : "Les cases sont détruites. Tous ceux qui peuvent aider le font gratuitement, mais les dégâts sont énormes – plus que l’an dernier."

Madagascar a connu sa pire saison cyclonique en 2007, la tempête Indlala ayant à elle seule fait 150 morts. Depuis, le pays a mis en place un dispositif de prévention et organisé un exercice grandeur nature en octobre dernier. "Nous avions prépositionné des vivres et du matériel dans les régions à risque", explique à FRANCE 24 Dia Styvanley Soa, porte-parole du BNGRC.

Les préparations ont permis de réduire le nombre de morts, mais pas l’ampleur des dévastations face à un cyclone de catégorie 4 sur l'échelle de Saffir-Simpson. Avec des vents de 230 km/h, la puissance d’Ivan a été identique à celle de Katrina, l’ouragan qui avait frappé le sud des Etats-Unis en 2005.

L’agriculture est particulièrement touchée. "Les champs de riz, de vanille et de café sont détruits. Là où ils n’ont pas été inondés, les grains de riz ont été arrachés par le vent", explique à FRANCE 24 Kenneth Walker, porte-parole de Care. Cette ONG internationale participe aux secours et administre la moitié des 100 000 doolars donnés par les Etats-Unis.

"Après l’aide immédiate (bâches, alimentation, matériaux de construction), nous mettrons en place des programmes "travail contre nourriture" pour reconstruire les routes et les ponts. Nous donnerons aussi des semences de riz à croissance rapide et des plantes plus résistantes aux cyclones comme la patate douce", ajoute-t-il.

Désintérêt des médias internationaux

Les cyclones qui frappent plus fort chaque année la grande île de l’Océan Indien semblent lasser les médias occidentaux. Pas un article en France, où vivent de nombreux immigrés malgaches, francophones. "CNN a fait un sujet, c’est tout", constate Kenneth Walker.

Mbolatina Ramaivonanana n’a reçu de demandes d’information que de journalistes de l’île de la Réunion, toute proche. Dia Styvanley Soa se désole du désintérêt des médias internationaux, auquel elle ne trouve pas d’explication. Elle se console en remarquant que l’ONU et les Etats-Unis ont tout de même répondu positivement à l’appel à l’aide internationale lancé par Madagascar vendredi.

Pour Walker, les ONG doivent améliorer leur façon de communiquer sur ce type de catastrophe, qui se produit dans un pays trop isolé pour attirer les reporters internationaux. "Nous pouvons progresser en essayant de faire parvenir des photos et des vidéos aux médias très rapidement, dans les 48 heures qui suivent une catastrophe", dit-il.

Pour cela, il réfléchit avec ses collègues de Care à des investissements dans des équipements liés aux nouvelles technologies. "Quand vous êtes sur le terrain, en pleine urgence, vous n’avez pas accès à une connexion à haut débit. Nous devons contourner ce problème", explique-t-il.

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