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Les Français face à la hausse des prix

Les études sur les prix à la consommation, contradictoires dans le détail, s'accordent au moins sur une augmentation brutale des produits alimentaires. Dans les magasins, les consommateurs s'organisent.

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Après l'enquête du magazine 60 millions de consommateurs, qui avait dénoncé, le 26 février, des hausses de 6 à 40 % en deux mois sur un panel de produits alimentaires, le gouvernement français a publié lundi sa propre étude sur les prix en grande surface.

En allant dans les rayons et non sur les sites Internet des distributeurs, les agents du ministère de l'Economie et des Finances ont relevé que ces hausses allaient de 11 à 18 %, des chiffres inférieurs à ceux relevées par le magazine auteur de l'enquête. Ils pointent pourtant des augmentations brutales, notamment sur les produits laitiers, et surtout des évolutions incohérentes d'un magasin à l'autre.

Face à la perte de pouvoir d'achat, réelle ou perçue, que représente l'inflation des produits de tous les jours, les consommateurs français cherchent des solutions.

Certains ont décidé de l'ignorer, à l'image de Bruno, 34 ans, rencontré par FRANCE 24 au rayon boisson d'un supermarché d'Issy-les-Moulineaux. "C'est la dernière de mes priorités", affirme-t-il, expliquant que le budget alimentaire n'est pas le plus lourd pour un célibataire. "Je n'achète pas du caviar non plus, mais je prends les marques qui me font plaisir", ajoute-t-il.

Pour bon nombre de ménages, le passage en caisse est pourtant devenu une angoisse, même dans ce quartier aisé à l'ouest de Paris. A quelques rayons de là, une retraitée montre un panier ne contenant qu'un camembert, un peu de raisin et un nettoyant à moquette. "J'achète quand même, mais je le vois dans le porte-monnaie !", dit-elle, avouant résister à sa fille qui l'encourage à moins consommer.

Les organisations de consommateurs, qui rivalisent d'enquêtes sur les prix et de revendications adressées au gouvernement, sont plutôt avares de recommandations pratiques pour réduire l'impact de la hausse des prix sur son budget. "Nous ne donnons pas ce type de conseils", répond-on laconiquement à l'UFC-Que Choisir, contactée par FRANCE 24.

 

"Faire jouer la concurrence"

Pour Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des finances, la solution rime avec compétition : "l'enquête de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) fait ressortir une concurrence avérée et des différences majeures de prix entre enseignes : j'invite les consommateurs à faire jouer la concurrence", affirme-t-elle dans une interview parue lundi dans le quotidien Le Parisien. La ministre annonce une "table-ronde" avec les industriels et les distributeurs, mais elle ne pourra rien leur imposer : pas question de réglementer les prix.

Même son de cloche à la Confédération de la Consommation, du Logement et du Cadre de Vie (CLCV) : "Nous appelons donc les consommateurs à réagir en faisant le bon choix, et en boycottant éventuellement les enseignes, les produits et les marques qui nous imposent ces augmentations injustifiables", lit-on dans un communiqué publié par l'association le 26 février.

Facile si l'on a une voiture et que l'on habite une grande ville, où le choix existe. Moins évident lorsque l'on a un seul magasin à proximité… Ce qui pousse certaines associations de consommateurs à demander une remise à plat de la réglementation sur la concurrence, y compris au niveau local, en ouvrant de nouvelles grandes surfaces dans les zones dominées par un seul distributeur.

Les consommateurs qui s'en sortent le mieux sont ceux qui vivent en zone frontalière. Elie Yulzari habite à Strasbourg avec sa femme et ses trois enfants, dont un nouveau-né. Pour eux, les courses, c'est en Allemagne : "les couches y sont deux fois moins chères. Pour l'alimentaire, on trouve des produits de qualité à des prix moins élevés", explique-t-il à FRANCE 24. Les magasins de Kehl, juste de l'autre côté du Rhin, sont à portée de main. "D'ailleurs, sur le parking, il n'y a que des Français."

En revanche, il voit les Allemands faire leur shopping à Strasbourg, la grande ville de la région, "pour les produits de luxe et les vêtements haut-de-gamme".

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