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Aung San Suu Kyi reçue par l'envoyé de l'ONU

L'opposante birmane a pu se rendre à un entretien avec l'envoyé de l'ONU Ibrahim Gambari. Le régime a refusé le déploiement d'observateurs indépendants pour le référendum sur une nouvelle Constitution.

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L'envoyé spécial de l'ONU en Birmanie Ibrahim Gambari s'est entretenu samedi avec l'opposante détenue Aung San Suu Kyi, alors que le régime militaire affichait un ferme refus d'amender un projet de constitution qui pourrait la déclarer inéligible.

Mme Suu Kyi, 62 ans, dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui a été privée de liberté pendant la majeure partie des 18 dernières années, a pu quitter, à bord d'un convoi, la maison où elle est habituellement confinée à Rangoun pour un rare entretien avec M. Gambari, arrivé jeudi.

La rencontre, qui s'est déroulée dans une résidence gouvernementale, a duré une heure et 20 minutes, a précisé un responsable birman sous couvert de l'anonymat.

Aucune information n'a été donnée sur la teneur des discussions et Mme Suu Kyi est ensuite retournée chez elle sans pouvoir faire de déclaration.

Il s'agit de la troisième mission de médiation de M. Gambari en Birmanie depuis la répression sanglante en septembre d'un mouvement de protestation populaire conduit par des moines bouddhistes.

Lors de ses deux précédents voyages juste après la crise --la plus grave depuis 1988--, M. Gambari avait favorisé un début de dialogue entre Mme Suu Kyi et la junte qui était alors sur la défensive sur la scène internationale.

Mais les généraux ont repris l'initiative et l'ont gardée depuis en renforçant les contrôles sur la population et en annonçant leur intention d'organiser en mai un référendum sur une nouvelle Constitution, entièrement élaborée sous leur contrôle, avant des élections législatives fixées à 2010.

Des pays occidentaux ont estimé que ces projets électoraux manqueraient de crédibilité s'ils n'étaient pas libres et transparents et s'ils n'incluaient pas Mme Suu Kyi et l'opposition.

Une loi sur l'organisation du référendum constitutionnel, promulguée le mois dernier, interdit tout discours négatif ou tout tract hostile, sous peine de trois ans de prison.

Selon le projet de constitution qui garantit à l'armée un rôle prépondérant dans la conduite des affaires de l'Etat, Mme Suu Kyi, lauréate du Prix Nobel de la Paix, pourrait être déclarée inéligible, au motif controversé qu'elle a été mariée à un étranger, le Britannique Michael Aris, décédé d'un cancer en 1999.

Dans des déclarations citées par des médias officiels vendredi soir et samedi matin, le ministre birman de l'Information, le général Kyaw Hsan, a fait montre d'une grande fermeté, laissant peu de place à d'éventuelles concessions.

"La Constitution a déjà été rédigée et ne devrait pas encore être amendée", a-t-il dit, avant d'accuser M. Gambari de "partialité" en faveur de Mme Suu Kyi.

Le général birman a reproché au médiateur de l'ONU - qu'il a rencontré vendredi - d'avoir diffusé une déclaration de Mme Suu Kyi, juste après sa dernière visite en novembre, dans laquelle l'opposante se plaignait de la lenteur des "consultations préliminaires" avec la junte et de l'absence d'un "dialogue authentique, accompagné d'un calendrier".

"Nous avons été très étonnés et consternés par votre implication", a déclaré Kyaw Hsan à Ibrahim Gambari, ajoutant: "malheureusement, vous avez outrepassé votre mandat".

Avant la rencontre samedi avec Mme Suu Kyi, l'envoyé de l'ONU s'était aussi entretenu avec d'autres responsables de la LND, ainsi qu'avec des dirigeants d'une organisation de masse favorable à la junte, l'Union Solidarity and Development Association (USDA), appelée à devenir un parti politique.

La LND a récemment estimé que la Constitution ne pouvait être acceptée en l'état mais elle n'a pour l'instant ni donné de consigne de vote, ni appelé au boycottage. Des groupes d'exilés birmans ont appelé à voter +non+.

En 1990, la LND avait très largement remporté des législatives, mais les militaires avaient refusé de transférer un pouvoir qu'ils détiennent depuis 1962, et Mme Suu Kyi avait été arrêtée.
 

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