Accéder au contenu principal

Un procureur turc demande la dissolution de l'AKP

Le magistrat a saisi le Conseil constitutionnel pour obtenir la dissolution du parti du Premier ministre Erdogan, l'AKP. Erdogan s'insurge : "Cette plainte s'attaque à la volonté du peuple". (Récit Ph. Robert)

PUBLICITÉ

Le recours déposé vendredi devant la Cour constitutionnelle en vue d'interdire le parti au pouvoir pour activités anti-laïques constitue une "atteinte à la volonté nationale", a affirmé samedi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Le recours d'hier (vendredi) ne vise pas le Parti de la justice et du développement mais la volonté nationale", a-t-il dit lors d'une réunion de la formation qu'il dirige à Siirt (sud-est) et retransmise à la télévision.

M. Erdogan réagissait pour la première fois publiquement à la demande du procureur de la cour de cassation déposée devant la cour constitutionnelle de dissoudre sa formation, issue de la mouvance islamiste.

Il a rappelé que 16,5 millions d'électeurs avaient voté pour l'AKP aux dernières législatives de juillet 2007, obtenant près de 47% des voix.

"Personne ne peut dire que ces gens sont le foyer d'activités anti-laïques", comme le souligne l'acte d'accusation du procureur, a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre s'est en aussi pris avec véhémence au procureur de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, premier procureur du pays qui a déposé la requête, soulignant qu'aucune institution judiciaire qui prend sa source du peuple ne pouvait "ignorer" la volonté du peuple et indiqué que "ceux qui ont apporté une telle honte et injustice subiront les conséquences de ce recours irresponsable".

M. Erdogan a défendu que l'AKP, fondé en 2001 sur les cendres de partis pro-islamistes bannis, était "un parti luttant pour la démocratie".

"Quoi qu'il en soit, personne ne peut nous dévier de notre objectif de lutter pour le peuple", a encore souligné M. Erdogan, un ex-islamiste qui nie son passé.

Défendant par ailleurs les prouesses économiques de son parti au pouvoir depuis 2002, M. Erdogan a soutenu que "personne ne doit tirer de bénéfices en aspirant par des moyens anti-démocratiques à une instabilité".

"Ils ne pourront jamais détériorer l'harmonie et l'unité de ce pays", a martelé M. Erdogan.

M. Yalçinkaya a déposé vendredi devant la Cour constitutionnelle une demande visant à interdire de la scène politique l'AKP et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ainsi que de nombreux collaborateurs en raison "d'activités allant à l'encontre de la laïcité".

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.