MUSIQUE - EGYPTE

IAM s'offre un concert aux pieds des pyramides

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Pour leurs 20 ans, les rappeurs marseillais d'IAM, qui se sont inspirés de l'Egypte ancienne pour en extraire leurs noms de scène, ont organisé un concert vendredi soir aux pieds des pyramides de Guizeh.

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Leur "délire interne" est devenu réalité. Pour leurs 20 ans, les rappeurs français d'IAM, éblouis "comme des gamins" par l'Egypte pharaonique dont ils ont tiré leurs noms de scène, ont chanté vendredi aux pieds des Pyramides.

"On s'est régalés", a déclaré à l'AFP après le concert le chanteur Akhénaton, très ému, en signant des autographes pour de jeunes français spécialement venus de Marseille (sud-est de la France) pour l'occasion.

Près de 700 personnes, en grande majorité des Français résidant au Caire et à Alexandrie, la grande ville portuaire du nord de l'Egypte, sont venues écouter, sous un soleil de plomb, le groupe marseillais emblématique du rap français sur "le plateau de Guizeh".

"On s'est dit que ce serait trop fou qu'on rate les 20 ans d'IAM devant les Pyramides. Alors on a décidé, à une petite dizaine, de louer un minibus" pour venir au Caire, a expliqué Célia Renou, une jeune Marseillaise travaillant à Alexandrie.

"On n'aurait pas pu imaginer plus belle célébration", a-t-elle ajouté.

Les rappeurs n'ont pas manqué de reprendre le titre culte qui les a consacrés, "Je danse le MIA", ainsi que "L'école du micro d'argent", un classique du hip-hop français, ou encore "Nés sous la même étoile" et "Petit frère", avant qu'un groupe de fans n'entonne un "Joyeux anniversaire IAM" en fin de concert.

Deux invités surprise sont venus rejoindre Akhénaton, Shurik'N, Khéops, Freeman, Képhren et Imhotep lors de ce concert gratuit, financé par Canal+ et SFR: l'Algérien Khaled, l'une des figures de proue du raï, et le chanteur et compositeur tunisien Lotfi Bouchnaq.

L'Ensemble national de musique populaire du Caire, qui a fait l'ouverture du concert, a rejoint IAM au moment où le soleil se couchait derrière les Pyramides, mêlant musique traditionnelle égyptienne et rap français.

Les rappeurs se sont dits "épatés" d'avoir enfin pu mettre des images sur tout ce qu'ils "râbachent" depuis 20 ans, ainsi que d'avoir pu découvrir des trésors pharaoniques d'ordinaire interdits au public en compagnie du patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.

Mais ils ont aussi reconnu, lors d'une conférence de presse mercredi, s'être "pris une claque" en découvrant la misère en Egypte, où 20% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté (2 USD par jour).

Les rappeurs s'étaient aussi dits "tristes" de suppressions de postes dans les institutions diplomatiques et les centres culturels français en Egypte.

Et visiblement ravis de la plaisanterie lancée à propos de la visite en Egypte du président français Nicolas Sarkozy en décembre -- "On vient effacer ses traces, on vient balayer derrière lui!" -- ils l'ont de nouveau répétée sur scène, provoquant l'hilarité générale.

Un documentaire sur leur aventure égyptienne doit être présenté en mai à Cannes. Les rappeurs prévoient aussi un concert gratuit à Marseille cet été, pour leurs fans français déçus de n'avoir pu les voir en Egypte.

Alors qu'IAM revient au premier plan de l'actualité musicale française pour ses 20 ans, le duo NTM, autre groupe phare du rap français, mais tendance dure, a annoncé sa reformation dix ans après sa séparation, le temps de trois concerts à Paris en septembre.

"Ce qui est particulier à IAM (...), c'est qu'on a toujours pris des virages. Même quand on a vendu 1,3 millions avec un album, l'album d'après, on a dit, on va leur mettre un album différent", a affirmé Akhénaton à l'AFP mercredi.

Si "le plaisir et la rigolade" restent au rendez-vous dans dix ans, le groupe se verrait bien fêter ses 30 ans... en Chine.

"Pourquoi pas? Qu'ils nous désinterdisent la Cité interdite!" a lancé Akhénaton.

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