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Vrai ou faux direct ?

Dernière modification : 28/03/2008

Les images chinoises de l'allumage de la flamme olympique étaient de toute évidence diffusées en faux direct. La question d'une éventuelle censure se pose du coup pour l'ensemble des images des Jeux olympiques. (Reportage : J. André)

 

Censure ou pas ? La question s’est posée au sujet de la cérémonie d’allumage de la flamme olympique pour les Jeux de Pékin, lundi 24 mars. Trois membres de l’association Reporters sans Frontières (RSF) ont perturbé le discours du président du comité d'organisation des JO de Pékin, Liu Qi, pour attirer l’attention sur la situation des droits de l’homme en Chine.

 

La télévision grecque, qui fournissait les images au monde entier, filme quelques secondes les trublions, alors que ceux-ci se placent dans le champ de la caméra. Puis les images montrent un plan d’ensemble de la tribune. Puis de nouveau Liu Qi, en plan serré cette fois.

 

"Dans les trois heures qui ont suivi notre arrestation, la télévision grecque ne fait aucune mention de l’incident, comme s’ils noyaient le poisson", commente Vincent Brossel, un des trois membres de RSF présents à Olympie, interrogé par FRANCE 24, "alors que les télévisions du monde entier s’emparent de l’événement." Christos Panagopoulos, président de la radio-télévision grecque, assure à l’AFP qu’il n’y a eu aucune censure de leur part.

 

A la télévision chinoise, les faits n’apparaissent pas du tout : la télévision chinoise, qui diffusait la cérémonie d’allumage, est suspendue un court instant, après le début du discours de Liu Qi. A la place, des images d'archives sont diffusées. "Ce qui laisse penser que la télévision chinoise diffuse avec quelques secondes de décalage", estime Vincent Brossel, "et qu’elle va le faire durant les Jeux."

 

"Le CIO et le comité olympique chinois sont en discussion"

 

La question du léger différé lors de la diffusion des Jeux ne se pose pas seulement pour la Chine. La production d’images est co-gérée par le Comité International Olympique (CIO) et par le pays hôte, en l’occurrence la Chine. Le CIO et Pékin ont même constitué une structure de diffusion commune : la structure de diffusion de Beijing (BOB).

 

Reste à savoir si les images fournies aux télévisions par cette structure auront un petit retard sur les événements. Ce serait une première pour les JO. La direction du CIO ne répond pas clairement. Interrogée par FRANCE 24, Emmanuelle Moreau, responsable des relations médias du CIO, à Lausanne, fait savoir que "le CIO et le comité olympique chinois sont en discussion sur les modalités de diffusion. Une réunion est prévue la semaine prochaine".

 

Le flou est assez persistant pour que Daniel Bilalian, responsable des sports à France Télévision, réagisse sur la radio RTL. "Si les jeux sont censurés ou expurgés d'une manière ou d'une autre par les autorités chinoises et que le CIO, ce que je ne crois pas un seul instant, accepte, cela remettrait bien entendu notre position en cause", déclare-t-il. "A ce moment là, le président de France Télévisions, sans aucun doute je pense, déciderait de ne pas couvrir les JO".

 

 

Le différé, pratique courante en Chine… et ailleurs

 

La censure et le léger différé sont pratique courante en Chine, témoigne le correspondant de FRANCE 24 à Pékin, Sébastien Le Belzic. "Les chaînes internationales passent régulièrement en mode ‘écran noir’ quand elles évoquent des sujets sensibles. Même les sites web comme YouTube sont bloqués, tout comme celui de la BBC."

 

La censure chinoise n’est pas toutefois pas prévisible, nuance Jean-Luc Domenach, directeur de recherche au CERI à Paris. Il a été invité pour commenter sur la télévision chinoise les élections législatives françaises de 2002. "Lorsque j’ai parlé des rapports entre le parti communiste français et les partis d’extrême-gauche, mes propos n’ont pas été diffusés. En revanche, j’ai fait des remarques sur la Chine qui sont passés à l’antenne, étonnamment...", explique-t-il. "Concernant les Jeux olympiques, l’enjeu est tel que toutes les méthodes sont possibles. Il n’y a pas de déontologie qui tienne", estime Jean-Luc Domenach.

 

La pratique du différé -et donc de la censure- n’est pas l’apanage de la Chine. Le scandale provoqué en 2004 par l’apparition du sein de Janet Jackson durant une émission de grande audience aux Etats-Unis, avait poussé plusieurs chaînes américaines à appliquer un différé pour les émissions en direct.

 

Le professeur d’université à Metz, Arnaud Mercier, spécialiste de communication politique, rappelle que Fox News a déjà censuré des propos anti-Bush. Lors de la remise en septembre dernier des Emmy Awards à Sally Field, l’actrice a plaidé contre la guerre en Irak. "C’est alors que son discours est brutalement coupé", raconte Arnaud Mercier. "Mais il ne faut pas aller bien loin pour constater que la pratique du faux-direct", souligne l’universitaire. "L’émission de télé-réalité française Loft Story était diffusée en léger différé, pour censurer les dérapages. En particulier une éventuelle révolte des participants contre l’émission…"

Première publication : 27/03/2008