Accéder au contenu principal

Bagdad sort lentement du couvre-feu

Alors que la situation reste tendue dans certaines zones de Bagdad et Bassorah, les habitants ont commencé à se déplacer librement. (Récit : K. Yahiaoui)

Publicité

Sur le terrain : Lucas Menget et Guillaume Martin, les deux envoyés spéciaux de FRANCE 24 en Irak. Cliquezici pour lire le carnet de route de Lucas Menget - un témoignage exclusif de la réalité irakienne.

  

Le calme est revenu lundi à Bassorah mais pas à Bagdad au lendemain de l'appel de l'imam radical chiite Moktada Sadr invitant ses partisans à mettre fin à leur présence armée dans les rues du pays pour stopper l'effusion de sang de la semaine dernière.

 

Selon les autorités, les combats entre miliciens chiites et forces régulières ont fait en six jours 210 morts et 600 blessés dans la grande ville du Sud. A Sadr City, le bidonville chiite de l'est de la capitale, deux hôpitaux ont reçu 109 corps et 634 blessés.

 

Mais des dizaines d'autres personnes ont été tuées dans les autres villes du Sud et quartiers de Bagdad depuis le lancement par le gouvernement de Nouri al Maliki d'une vaste opération, voici une semaine, pour tenter de reprendre le contrôle de Bassorah aux miliciens chiites qui y faisaient leur loi.

 

En ordonnant de s'effacer aux combattants chiites de son Armée du Mahdi - la plus puissante milice du pays avec des effectifs estimés à au moins 60.000 hommes -, Sadr a assuré avoir obtenu des autorités que les arrestations de ses partisans cessent et que ceux qui sont détenus soient remis en liberté.

 

Les sadristes entendent néanmoins garder leurs armes pour "se défendre contre l'occupation américaine", bien que le gouvernement Maliki, soutenu par l'armée américaine, ait déclaré être résolu à récupérer les armes lourdes et de moyen calibre aux mains des miliciens chiites du Sud.

 

Le général Abdelaziz Mohamed, chef des opérations au ministère de la Défense, a annoncé la poursuite des opérations lancées mardi dernier pour "nettoyer les derniers quartiers de Bassorah aux mains des criminels, hors-la-loi et détenteurs d'armes", précisant que, "si Dieu le veut, cela ne prendra longtemps".

 

 

 

"LA SITUATION RESTE DANGEREUSE"

 

L'armée irakienne assure contrôler la grande métropole du Sud, où l'arrêt des combats a permis aux habitants de commencer à enterrer leurs morts, ainsi que les autres villes de la région, où les correspondants de Reuters confirment que le calme semble revenir, notamment à Kout, Hilla et Nassiriah.

A Mahmoudiah, immédiatement au sud de Bagdad, un photographe de l'agence précise en revanche que les morts sont conservés dans de la glace dans une mosquée chiite parce que la situation est jugée encore trop peu sûre pour les inhumer.

 

A Sadr City, bastion de l'Armée du Mahdi à Bagdad encerclé par les forces irako-américaines, où ont eu lieu certains des pires affrontements de la semaine écoulée, le calme semblait aussi prévaloir, rapporte un habitant, qui fait état cependant d'une situation sanitaire catastrophique.

 

 Le couvre-feu imposé depuis trois jours dans la capitale a été en grande partie levé, mais la trêve est des plus précaires. Des roquettes et des obus de mortier sont tombés lundi sur la "zone verte" ultrafortifiée qui abrite administrations et ambassades et l'armée américaine a fait état d'accrochages dans plusieurs quartiers dimanche soir et lundi matin.

 

Un raid aérien américain lancé à la suite de tirs sur un char a fait six morts et un nombre indéterminé de blessés aux abords de Sadr City, a déclaré le commandant Mark Cheadle, porte-parole militaire américain.

 

Par ailleurs, à Sadr City, trois hommes armés ont été tués par des soldats américains.

 

L'offensive des forces irakiennes à Bassorah est considérée par les analystes comme un test pour l'autorité du gouvernement du chiite Maliki sur le Sud et par les sadristes, ses ex-alliés au gouvernement, comme une tentative pour les marginaliser en prévision des élections régionales d'octobre prochain.

 

L'analyste Moustafa Alani, du Centre de recherche du Golfe basé à Doubaï, estime qu'aucun camp ne peut clamer victoire après la trêve. Maliki a dû composer avec Sadr, dont les miliciens conservent leur puissance de feu. Les dissensions interchiites sont intactes et Alani prédit de nouvelles violences avant peu.

 

Djabbar Sabhane, fonctionnaire à Bassorah, premier port d'Irak, qui brasse 80% des richesses pétrolières du pays, doute pareillement que ce calme perdure. "C'est vrai qu'il n'y a plus d'accrochages, de miliciens armés et d'explosions. Mais la situation reste dangereuse. Je ne crois pas aux paroles des politiciens", confie-t-il.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.