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Qu'est-ce que l’Armée du Mahdi ?

Dernière modification : 30/05/2008

L’Armée du Mahdi, créée en 2003, est dirigée par le leader chiite radical Moqtada Sadr. Qui est cette milice et quels sont ses objectifs ? Eclairage.

Qui est l’Armée du Mahdi ?

 

Moqtada Sadr a fondé la branche armée de son mouvement, l’Armée du Mahdi, après l’invasion de l’Irak par les Américains en mars 2003.

 

Cette milice s’est vite structurée après la chute de Saddam Hussein. Elle est particulièrement bien implantée parmi les classes les plus pauvres des chiites et est devenue, aujourd’hui, une des milices les plus puissantes en Irak. On lui prête environ 60 000 miliciens, en uniformes noirs.

 

Le nom de l’Armée du Mahdi est tiré du douzième imam chiite, "Al Mahdi", disparu à la fin du 9e siècle. Selon la croyance chiite, à son retour, il instaurera la justice et la vérité sur Terre.

 

Le fief des sadristes est à Sadr City, un faubourg pauvre situé dans le nord-est de Bagdad, où s’entassent plus de deux millions de personnes. Ce quartier, anciennement appelé Saddam City a été rebaptisé en 2003 en l’honneur de la famille de Moqtada Sadr. L’Armée du Mahdi est également puissante dans plusieurs villes du sud du pays, notamment à Bassorah, le principal port pétrolier d'Irak.

 

 

Qui est Moqtada Sadr ?

 

Moqtada Sadr est un jeune leader radical chiite, descendant de la puissante dynastie religieuse des Sadr, originaires du sud-Liban. Son père, Mohamed Sadeq Sadr, chef immensément populaire du militantisme chiite face à Saddam Hussein, a été assassiné en 1999 par le président déchu. Avant lui, un oncle, grand penseur chiite, avait déjà été tué par Saddam Hussein, en 1980.

 

Moqtada Sadr a repris le flambeau familial, en vue de la "révolution sociale" voulue par son père. Il veut défendre les chiites en Irak et donner du pouvoir à sa communauté, réprimée par le régime de Saddam Hussein, sunnite.

 

Il représente aussi, aujourd’hui, la principale figure de l’opposition à la présence américaine en Irak. Leader de l’Armée du Mahdi, Moqtada Sadr est aussi à la tête d'une vaste organisation sociale.

 

Il vit la majeure partie de son temps dans la localité de Koufa, voisine de la ville sainte de Najaf (centre-sud), où il est né.

 

Face à lui, le grand ayatollah Ali Sistani, figure modérée et plus haute autorité religieuse chiite en Irak, s’oppose à la résistance armée contre les Américains.

 

 

Quels sont les objectifs de l’Armée du Mahdi ?

 

Sadr se veut le représentant des déshérités et veut la justice pour le peuple. Son discours est conservateur, populiste. Il assure vouloir rétablir la sécurité dans le pays, et les services publics essentiels, face à un gouvernement incompétent.

 

Sa priorité stratégique reste, comme il l’a encore déclaré fin mars 2008 sur la télévision qatarie Al Jazira, "la libération de l’Irak des occupants".

 

L’Armée du Mahdi est populaire parmi les chiites mais est accusée de nombreux "meurtres confessionnels". La police irakienne a ainsi notamment accusé fin 2007 les miliciens de Sadr de "centaines de meurtres" dans la ville de Kerbala depuis quatre ans. Selon la police provinciale, l'Armée du Mahdi "a essayé d'imposer la charia (loi islamique)" et les miliciens ont perpétré "tortures et kidnappings" dans cette ville sainte chiite du centre de l'Irak.

 

 

Quel est le poids du mouvement de Sadr dans la politique irakienne ?

 

Les milices de Sadr ont tenté de s’opposer aux forces militaires Américaines en 2004 dans la ville sainte de Najaf. Les miliciens ont été défait mais cet échec a permis à l'Armée du Mahdi d’asseoir sa réputation. Moqtada al-Sadr s’est ensuite tourné vers la résistance politique, mais a toujours refusé de démanteler son "armée", nécessaire à sa légitimité. Le mouvement politique sadriste dispose aujourd’hui de 32 députés sur 275, soit le groupe le plus important au Parlement.  

 

Au Parlement, contrairement aux autres factions chiites, le mouvement sadriste s’est opposé en 2006 à un projet visant à instaurer le fédéralisme en Irak.

 

Moqtada al-Sadr exige d'être associé plus étroitement aux structures du pouvoir et, après avoir participé à la conquête du poste de Premier ministre par Nouri al-Maliki, il conteste aujourd’hui la légitimité de son gouvernement.

 

Six ministres sadristes ont fait partie du gouvernement d’union nationale de Maliki, avant de le quitter en 2007, l’accusant de "collaboration" avec l’ennemi. Son groupe parlementaire a aussi retiré son soutien au pouvoir.

 

Les factions chiites sont-elles unies ?

 

Les factions chiites sont engagées dans une lutte, politique et armée, sans merci pour le pouvoir, exacerbée par l’approche d’élections locales, prévues en octobre et cruciales pour le partage des pouvoirs. Chaque mouvement chiite, celui de Sadr compris, veut contrôler la majorité chiite.

 

Parmi les adversaires du mouvement sadriste, on compte le parti Dawa de Nouri al-Maliki et son allié le Conseil suprême islamique en Irak (CSII) qui dispose, lui aussi, de sa milice, les Brigades Badr.

Première publication : 07/04/2008