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La France subit sa plus forte inflation depuis 17 ans

La flambée des cours du pétrole et des denrées alimentaires a contribué à une augmentation de 3,2 % des prix sur les douze derniers mois, soit un record depuis 1991, qui entraînera une hausse automatique du Smic de 2,3 % au 1er mai.

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Les prix ont explosé en mars (+3,2% sur un an) après des mois de surchauffe provoquée par la flambée des cours du pétrole et de l'alimentation, l'inflation risquant de se maintenir à son niveau des années 90 jusqu'à l'été et rognant d'autant le pouvoir d'achat des Français.

"Les finances des ménages seront soumises à rude épreuve en 2008", prévient Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas, qui voit l'inflation perdurer autour des 3% jusqu'en septembre.

"La cote d'alerte est désormais franchie", renchérit Alexander Law, du cabinet Xerfi, pour qui cette envolée des prix à la consommation devrait se traduire par un léger recul du pouvoir d'achat des ménages au premier trimestre.

L'Institut national de la statistique (Insee) prévoyait le mois dernier une progression du pouvoir d'achat des ménages de seulement 0,3% sur l'ensemble du premier semestre, à cause d'un pic d'inflation de mars à juin.

En 2007, le pouvoir d'achat avait progressé de 3,1%, mais l'inflation n'était alors que de 1,5% en moyenne sur l'année. Pour 2008, les dernières prévisions du gouvernement tablent désormais sur une hausse des prix de 2,2%.

L'augmentation de 5,5% des tarifs réglementés du gaz proposée par le gouvernement à la fin avril risque d'alourdir encore la facture des ménages, alors même que les prix des carburants à la pompe enregistrent des records historiques.

Autant d'éléments qui alimenteront encore l'inflation dans les mois à venir et que la hausse automatique du Smic de 2,3% au 1er mai, déclenchée par les derniers chiffres de l'inflation, ne suffira pas à compenser.

"Il y a aujourd'hui de bonnes raisons de craindre une baisse de tension de la consommation des ménages au cours des mois à venir, surtout si le moral des Français continue de se dégrader aussi violemment", avertit M. Law.

Compte tenu du rôle moteur de la consommation dans la croissance, "il y a tout lieu de penser que l'expansion économique française sera réduite à sa plus simple expression au cours des mois qui viennent", estime l'économiste, qui s'attend à une croissance de seulement 1,4% en 2008.

De son côté, le gouvernement a beau avoir revu ses ambitions à la baisse, il table sur une croissance comprise entre 1,7 et 2% cette année, contre 2 à 2,5% attendu initialement.

Le gouvernement n'a pas réellement les moyens de lutter contre cette inflation "importée" résultant en grande partie de la flambée des matières premières sur les marchés internationaux.

Dans le sillage du pétrole, l'énergie est en effet repartie à la hausse en mars (+2,7%) après une légère accalmie en février (-0,6%). Sur un an, les prix énergétiques s'envolent de 12,7% en moyenne, avec +19,5% pour les seuls produits pétroliers dont +38,6% pour les combustibles liquides.

Au total, la composante énergie explique 1 point sur les 3,2% d'inflation de mars, note Mathieu Kaiser.

Même phénomène dans l'alimentation où les prix ont progressé de 0,4% sur un mois et de 5,3% sur un an, soit l'équivalent de 0,9 point d'inflation en mars.

Et si la hausse des produits manufacturés reste modérée sur un an (+0,5%), il faut tout de même remonter à plus de cinq ans pour constater une évolution aussi forte, s'inquiète Alexander Law.

"La hausse des prix et les tensions salariales se traduisent par un léger surcroît d'inflation en France", explique-t-il, citant l'exemple de la Chine où l'inflation fait rage également ou la grève pour les salaires à l'usine Dacia en Roumanie.

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