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Retour triomphal de Ramos Horta au Timor oriental

José Ramos Horta, président du Timor oriental, a été accueilli par les ovations de la foule à Dili, après deux mois de soins en Australie. Il avait été blessé en février dans une tentative de coup d'Etat. (Récit : P.-L. Viollat)

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Le président du Timor oriental, le prix Nobel de la paix José Ramos-Horta, est revenu jeudi sous les vivats dans son petit pays, deux mois après avoir été grièvement blessé par balles dans un attentat.

Amaigri mais marchant normalement, le chef de l'Etat a été accueilli à l'aéroport de la capitale Dili par un millier de personnes agitant des drapeaux timorais et portant des tee-shirts reproduisant une photo de M. Ramos-Horta en compagnie du pape Benoît XVI.

Près de 95% des Est-timorais sont catholiques. Le président a déjà annoncé qu'il assisterait dimanche à la messe à la cathédrale de Dili.

Le chef de l'Etat timorais a atterri peu avant 08H00 (mercredi 23H00 GMT), en provenance de Darwin, grande ville au nord de l'Australie où il était soigné depuis le 11 février.

Les personnalités du gouvernement, dont le Premier ministre et héros de l'indépendance Xanana Gusmao, étaient là pour souhaiter bienvenue au président, dans un dispositif de sécurité renforcé.

"Je vais bien", a lancé José Ramos-Horta, visiblement ému. Il a refoulé des sanglots en étreignant Taur Matan Ruak, chef des forces armées timoraises. Une parade militaire s'est déroulée en l'honneur du président, considéré comme un "miraculé" par beaucoup d'Est-Timorais.

Une foule nombreuse, rassemblant des milliers d'habitants, s'était postée sur le trajet que devait emprunter ensuite le président vers la capitale.

Le 11 février à Dili des soldats rebelles avaient mené une double attaque visant Xanana Gusmao qui a réchappé aux tirs et José Ramos-Horta qui a été grièvement blessé de plusieurs balles dans la poitrine et évacué vers un hôpital australien.

Placé dans un coma artificiel, il a été opéré à plusieurs reprises, son état étant qualifié d'"extrêmement grave" par ses médecins. Le pays a été placé sous un régime de couvre-feu et d'état d'urgence, prolongé jusqu'au 22 avril.

José Ramos-Horta a une nouvelle fois jeudi appelé à mettre un terme aux violences qui déstabilisent depuis deux ans la jeune nation.

Il a demandé aux ex-militaires impliqués dans les attentats de se rendre à la justice. Il s'est notamment adressé au principal officier rebelle, le lieutenant Gastao da Salsinha.

"Je demande à Salsinha de se rendre, de descendre à Dili pour remettre son arme et se livrer au bureau du procureur", a dit M. Ramos-Horta.

Il a insisté sur le fait que le Timor oriental, le pays le moins développé d'Asie, devait rester uni pour lutter contre la pauvreté.

"Je demande au gouvernement et au parlement d'étudier comment nous pouvons utiliser nos revenus pétroliers pour acheter de la nourriture pour les pauvres. L'Etat et le gouvernement devraient se pencher là-dessus. C'est ma préoccupation", a-t-il assuré.

"Le retour du président Ramos-Horta est l'occasion pour la société timoraise de s'unir avec une détermination renforcée pour l'avenir du Timor-Leste", a estimé Atul Khare, le représentant local de l'ONU, en utilisant le nom officiel du Timor oriental.

Avant de devenir en 2007 président, José Ramos-Horta fut l'infatigable porte-parole international de la résistance au régime indonésien, qui a occupé l'ancienne colonie portugaise de 1975 à 1999.

Une de ses premières tâches sera de recevoir le prince Albert II de Monaco, en visite officielle au Timor vendredi et samedi.

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