Accéder au contenu principal

L'Armée peut-elle rapporter gros?

Indépendant depuis 1977, Djibouti est toujours sous le giron de l'Armée française mais cela rapporte-t-il aux intérêts nationaux ? Loin derrière les investisseurs moyen-orientaux et asiatiques, les Français sont à la peine dans les affaires.

PUBLICITÉ

Un sixième de l'Angleterre, c’est la taille de Djibouti, l'un des plus petits pays d'Afrique. La force de Djibouti ? Sa position stratégique. Situé au carrefour entre l’Orient et l’Occident, positionné sur les axes maritimes d'Europe, d’Extrême Orient, du Golfe Arabo-persique et évidemment d’Afrique. Ce pays constitue à lui seul, une véritable plaque tournante. Doté de tels atouts, Djibouti est source des convoitises américaines, françaises et arabes.

Prenons les Etats-Unis. Pour eux, Djibouti est un point d’appui majeur. Résultat, en 2002, les Américains ont implanté une base militaire pour contrôler les activités terroristes du Golfe. Pour les autres pays, les opportunités sont avant tout économiques.

Les partenaires privilégiés de Djibouti sont les pays arabes. Membre de la Ligue des Etats Arabes et de l’Union Africaine, Djibouti met désormais  en valeur sa double appartenance. "Il ne faut pas oublier qu’avec la nation arabe, nous sommes membres d’une même famille", souligne le président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh.

Renforcer la coopération économique avec le monde arabe. Voila la nouvelle stratégie de cette petite enclave africaine. C’est ainsi la multinationale de Dubaï, DPW, qui a remporté la concession et la construction du nouveau port. Equipé d’infrastructures dernier-cri,  ce port en eau profonde pourra accueillir dès la fin de l’année, des navires de sixième génération, capables d’embarquer 14 000 conteneurs ! Et ce n’est pas tout, cette multinationale génère divers projets qui profitent à de nombreux entrepreneurs arabes, comme les banquiers, par exemple. "Il est vrai que les banques arabes ont beaucoup investi à Djibouti et il paraît évident que beaucoup d’autres établissements financiers devraient, encore à l’avenir, s’implanter", reconnaît Steve Gentilli, président de la BRED banque populaire, invité de notre émission.

Plages de sables fins, eau turquoise… La richesse de Djibouti, c’est également le tourisme. Ce secteur est d’ailleurs en plein expansion. De nombreuses infrastructures se construisent, comme cet unique palace 7 étoiles d’Afrique que nous avons visité…. Et, là encore, ce sont les investisseurs arabes qui ont réussi à capter le marché !

Et la France dans tout ca ? "On l’attend", nous a confié avec une pointe d’ironie le Président. Pourtant, l’Etat français est là. Avec un effectif de près de 3 000 hommes, la Force Française de Djibouti (FFDJ) constitue une des bases militaires françaises les plus importantes. Cela coûte cher : plus de 150 millions d’euros par an au budget de l’Etat français. Mais sans ce soutien militaire, il n’y aurait pas de stabilité politique et par conséquent pas de croissance économique. Or aujourd’hui la France ne profite pas du développement économique de ce pays. Priorité aux partenaires arabes !  Pour Steve Gentilli, "il y a une importante communauté d’affaires à Djibouti". Mais à Djibouti, la réalité semble toute autre. Dans la zone franche de Djibouti où nous nous sommes rendus, 40 hectares accueillent une centaine de sociétés dont aucune n’est française !

Une croissance annuelle qui dépasse les 5%, un PIB proche de 470 millions d’euros, Djibouti est en plein boum et offre de nombreuses perspectives. Partenaire historique de ce pays, la France ne profite pas du développement économique. Autrement dit, dans la guerre économique, l’armée ne rapporte pas grand-chose, du moins pas pour les Français.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.