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Washington met en doute les résultats au Zimbabwe

Les résultats de la présidentielle au Zimbabwe ont été accueillis avec scepticisme par plusieurs pays occidentaux. La Commission électorale a convoqué un second tour entre l'opposant Tsvangirai, arrivé en tête, et le président Mugabe.

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Retrouvez l'interview intégrale de Morgan Tsvangirai dans Le Talk de Paris.

Londres et Washington ont accueilli vendredi avec scepticisme l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle au Zimbabwe, doutant à haute voix de leur fiabilité, tandis que Bruxelles insistait sur la nécessité d'une observation internationale au second tour.

La Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a convoqué vendredi un second tour pour départager le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai et le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans.

Plus d'un mois après le scrutin, la ZEC a finalement annoncé vendredi que M. Tsvangirai avait obtenu au premier tour 47,9% des suffrages et M. Mugabe 43,2%.

L'opposition, qui revendique depuis des semaines la victoire à la majorité absolue a aussitôt jugé ces résultats "scandaleux".

Immédiatement, la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale, a elle aussi mis en doute le sérieux du processus. Ce résultat, "publié cinq semaines après le jour du scrutin manque de crédibilité mais il apparaît clairement qu'au moins 60% de la population a voté pour un changement au Zimbabwe", a déclaré une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

Pour Londres, un second tour devrait être supervisé par davantage d'observateurs internationaux. "La campagne de violence et d'intimidation du président (Robert) Mugabe, conjuguée à l'arrestation de 99 responsables de la Commission électorale depuis un mois, illustrent précisément ce que ferait le ZANU-PF en cas de second tour", a argumenté le Foreign Office.

Washington a également mis en doute la fiabilité du processus. "Ce décompte final pose à mon avis d'assez sérieux problèmes de crédibilité étant donné les délais inexplicables (pour les publier) ainsi que certaines des irrégularités post-électorales qui ont eu lieu", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Tom Casey.

Washington a de nouveau appelé le gouvernement à "cesser sa répression à l'encontre de l'opposition".

La Commission européenne a sobrement pris "note des résultats annoncés par la commission électorale". Mais sa porte-parole a appelé "immédiatement, à partir du second tour de l'élection, à un processus électoral juste, libre et conduit de manière convenable".

"La présidence veut souligner que pour qu'un second tour de l'élection présidentielle soit jugé juste et libre, et soit un reflet crédible de la volonté libre et démocratique du peuple zimbabwéen, la fin de la violence et la présence d'observateurs internationaux est d'une importance primordiale", a indiqué de son côté la présidence slovène de l'UE.

A Harare, la mission des observateurs d'Afrique australe dénonçait au même moment une hausse des "violences, tortures et pillages" depuis les élections du 29 mars.

Pour l'Angolais José Marcos Barrica, chef de la mission d'observateurs de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), "la montée des violences, tortures et pillages, les destructions des biens et les meurtres démontrent un climat d'intolérance politique dans le pays dont la responsabilité incombe aux leaders politiques qui ont pris part aux élections".

A Johannesburg, le président sud-africain Thabo Mbeki a promis vendredi, lors d'une rencontre avec des leaders religieux, d'envoyer une mission au Zimbabwe pour enquêter sur les accusations de violence, selon le président de la Conférence des Eglises de toute l'Afrique, le Révérend Nyansako-ni-Nku.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), basée aux Etats-Unis, a averti dans un communiqué vendredi que les violences devaient cesser au Zimbabwe afin que le second tour de l'élection présidentielle soit crédible.
 

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